Mozart's Magic Flute
E1 Entertainment / Revolver Entertainment

Réalisateur: Kenneth Branagh
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 139 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212100321

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 avril 2010

Adaptation enchanteresse et personnelle de la mythique œuvre musicale de Wolfgang Mozart sur des actes d'Emmanuel Schikaneder, "The Magic Flute" de Kenneth Branagh est un grand plaisir kitch pour les yeux, les oreilles et l'âme.

La Première Guerre mondiale cogne à la porte. Sarastro (Rene Pape) a enlevé la fille de la Reine de la nuit (Lyubov Petrova) et des jours sombres planent à l'horizon. Afin de retrouver Pamina (Amy Carson), le jeune soldat Tamino (Joseph Kaiser) se lance dans une quête improbable où les épreuves fusent. Rien n'est impossible lorsqu'une âme est guidée par les ailes de l'amour et de la paix.

L'acteur et cinéaste Kenneth Branagh adore transposer au cinéma des œuvres classiques. Il est même devenu le spécialiste de Shakespeare, adaptant une multitude de récits importants en films qui le sont tout autant. Dernièrement, ses longs-métrages arrivent difficilement sur les écrans. Le mignon As You Like It n'a jamais pris l'affiche dans les salles québécoises, alors que son très intéressant remake de Sleuth n'y est resté que quelques semaines. Pourtant, avant ces deux ouvrages mésestimés (plus précisément en 2006), il avait réalisé une nouvelle version de "The Magic Flute" qui a plus à voir avec son propre Much Ado About Nothing que la célèbre vision de Bergman.

Pour apprécier cette création aussi folle qu'authentique, il faut faire abstraction du passé. La mise en scène au rythme presque expéditif (malgré une trop longue durée de 140 minutes) voyage dans des univers magiques et oniriques, créant un feu d'artifice de sensations fortes, allant de la joie à la délectation, de la surprise à la stupéfaction. Il est de mise de laisser son cynisme au vestiaire pour mieux adhérer à l'entreprise, car l'ensemble se veut très naïf. Comment peut-il en être autrement pour un projet qui célèbre les vertus de la paix, de l'amour et de l'amitié sans jamais trop se prendre au sérieux?

Les chanteurs qui savent jouer composent avec bonheur ces personnages un peu unidimensionnels qui demeurent pourtant toujours dans le ton. Leurs voix riches et développées transportent l'opéra sur les ailes d'un oiseau, qui a tout de même besoin du souffle des merveilleuses mélodies de Mozart (grâce aux soins de l'Orchestre de chambre d'Europe) pour arriver à bon port. Les pistes sonores anglophones (eh oui, les mots ont été traduits avec succès par Stephen Fry) font éclater les différentes enceintes de bruits d'instruments, d'obus, de balles perdues, d'éclairs et de pluie. De très visibles et bénéfiques sous-titres jaunes en français sont de la partie, ce qui permet de bien comprendre tous les dialogues.

Sans jamais crouler sous le poids des effets spéciaux joyeusement apparents, les images surprennent par leurs teintes flamboyantes, les si intenses couleurs presque pastelles, l'étonnante définition des contours et les contrastes justes qui prennent de plus en plus d'importance. Quelques ellipses spatio-temporelles font même l'utilisation du noir et blanc, ce qui donne un résultat exquis, faisant oublier la rare présence de grain.

La pochette bleue à l'effigie des personnages importants est volontairement surannée. Le menu principal épouse à nouveau ce concept, demeurant malheureusement statique et sans musique. Les quelques suppléments déçoivent par leur trop courte durée. En 25 minutes, pas moins de 13 personnes défilent devant la caméra (le cinéaste, des comédiens, des techniciens, un producteur), racontant leur expérience en demeurant un peu trop superficiel. Un court segment fait un rapide tour d'horizon (en moins de six minutes) de la pièce, de la nécessité d'apporter un peu d'air frais au propos, de la création de ce monde hors norme, etc. Un dernier s'attarde à quelques séquences en particulier, montrant notamment le tournage de certains plans et les pratiques vocales de la Reine de la nuit. La bande-annonce originale et une série de publicités complètent les bonus.

Sans être un tour de force dans la carrière de réalisateur de Kenneth Branagh (ce n'est pas Henry V ou Hamlet), sa version de "The Magic Flute" s'avère une aventure tout à fait charmante, une réinterprétation rafraîchissante qui plaira instantanément aux amants de comédies musicales. Ce n'est certainement pas pour tout le monde, mais les plus aventureux seront au septième art avec ce ton si unique, ces chorégraphies irrésistibles et cette musique légendaire.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments4
Vidéo8
Audio8