Ray
Widescreen
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Taylor Hackford
Année: 2004
Classification: 14A
Durée: 153 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
7 janvier 2005

Décédé en 2004, Ray Charles Robinson était un génie qui a révolutionné le monde de la musique, et influencé une multitude d'artistes pendant une carrière s'étalant sur près de six décennies. Initialement inspiré par Nat King Cole et Charles Brown, il innova en mariant gospel et R&B et en appliquant son style éclectique à la musique country. Maître des arrangements et de la composition il a apporté sa touche personnelle et réinventé les genres soul, gospel, R&B, jazz, blues et rock and roll. Il a remporté treize Grammy Awards, participé à plus de 250 sessions d'enregistrements et fut l'un des premiers admis au Rock and Roll Hall of Fame. Finalement, celui qui a le plus influencé Ray Charles fut Ray Charles lui-même, simplement en canalisant toute cette musique qu'il écoutait dans sa tête. Le réalisateur Taylor Hackford nous présente donc "Ray", un projet qui lui tenait beaucoup à coeur et sur lequel Ray Charles a travaillé avant sa mort, et l'un des meilleurs films de la cuvée 2004.

L'histoire débute en 1951 alors que Ray Charles (Jamie Foxx), aveugle depuis l'âge de 7 ans, quitte sa Floride natale pour se rendre à Seattle travailler dans un club. Il y fait très bonne impression et sa popularité augmente rapidement, mais plusieurs prendront avantage de son handicap et de sa naïveté. On suit son parcours parsemé d'embûches alors qu'il lutte contre la dépendance à l'héroïne, les problèmes conjugaux et les difficultés qu'amène la célébrité. Plusieurs retours en arrière nous ramènent à son enfance. On le verra assister impuissant à la mort de son jeune frère et combattre la cécité alors que sa mère (excellente Sharon Warren), réalisant que l'avenir ne lui offrira que très peu d'options, tentera de lui enseigner avec amour et discipline, qu'il ne pourra compter que sur lui-même.

Excellent dans Redemption: The Stan Tookie Williams Story, un film tourné pour la télé où il personnifiait le leader d'un gang de rues, le talent de Jamie Foxx fut par la suite mis en évidence par sa prestation dans Collateral. Son travail dans "Ray" ne fait que confirmer son immense talent, car incarner une légende n'est pas chose facile. Foxx se glisse dans la peau de Ray Charles avec une facilité déconcertante. Les expressions du visage, la gestuelle, la façon de bouger, tout y est. Il n'imite pas Ray Charles, il devient Ray Charles. Bien qu'il utilise le "lip-sync" lors des numéros musicaux, sa formation de pianiste classique lui permet de jouer lui-même toutes les pièces, ce qui permet des angles de caméra qui ajoutent grandement au réalisme. Nominé pour l'Oscar du meilleur acteur, il le mérite amplement. La réalisation de Taylor Hackford est adéquate et la reconstruction d'époque excellente. Cependant, le film, qui fait 152 minutes, est trop long et manque parfois de rythme. On aurait pu facilement resserrer l'intrigue et ajouter à l'intensité dramatique en coupant une vingtaine de minutes.

Côté visuel, l'image est claire, les couleurs riches et naturelles, le contraste à point et le niveau des détails sans reproche. Un léger problème d'accentuation des contours apparaît lors de certaines scènes, mais cela demeure mineur. L'image est également très propre, car je n'ai noté aucune saleté, tache ou égratignure. Il s'agit donc d'un excellent transfert vidéo. La qualité sonore est également au rendez-vous. La trame en Dolby Digital 5.1 est très dynamique. La séparation des canaux avant est nette et offre une expérience enveloppante lors des prestations musicales, bien soutenues par les enceintes arrière qui viennent également supporter l'ambiance générale par l'entremise de nombreux effets ambiophoniques. Les dialogues sont toujours clairs et facilement audibles. J'étais tellement absorbé que je ne pouvais m'empêcher de taper du pied. Ma voisine d'en bas elle, a fini par taper dans le plafond... Les menus, animés par différentes scènes du film et accompagnés d'extraits de chansons, sont simples et faciles à naviguer.

Le film peut être visionné soit dans sa version régulière ou dans sa version longue qui fait 178 minutes. Lorsqu'on choisit cette dernière, une icône apparaît au bas de l'écran pour indiquer le passage aux scènes rajoutées. Malheureusement, le branchement est loin d'être transparent. Une pause et un fondu au noir suivent et précèdent chacune de ces scènes qui, contrairement au reste de la présentation, ne bénéficient pas d'un transfert anamorphosé. Donc, non seulement sommes-nous distraits par ce qui ressemble à un changement de couche (en pire), mais aussi par une image de moindre qualité qui rétrécit en passant en format non anamorphique! Je ne sais pas qui a eu cette brillante idée, mais elle n'aura pour effet que de décourager le spectateur de visionner cette version.

Plusieurs suppléments sont offerts sur cette édition. Sur le premier disque, on retrouve une très bonne piste audio commentaire avec le réalisateur Taylor Hackford. Il parle un peu de la production et des détails techniques, mais il s'attarde plus spécialement à Ray Charles, aux musiciens et aux gens qu'il a côtoyés, et à la façon dont il a choisi de les représenter à l'écran. On s'aperçoit rapidement que le sujet le passionne et il apporte une foule d'informations et d'anecdotes fascinantes sur tous les aspects de la vie de ce grand artiste. Sur le second disque, on retrouve tout d'abord toutes les scènes retranchées que l'on a si mal intégrées à la version allongée. Celles-ci peuvent être écoutées avec ou sans le commentaire du réalisateur. Puis, nous avons droit à des versions longues des chansons "Hit the Road Jack" et "What Kind of Man Are You". Ensuite, "A Look Inside Ray" est un très court documentaire promotionnel et "Stepping Into the Part", plus intéressant, nous montre comment Jamie Foxx a obtenu le rôle ainsi qu'un segment où il joue du piano avec Ray Charles. Finalement, "Ray Remembered" nous offre un bref, mais émouvant survol de la carrière du célèbre musicien. La bande-annonce du film ainsi que celles de quelques autres titres distribués par Universal viennent compléter les suppléments.

Le film est un peu long, mais la performance de Jamie Foxx compense largement et vient insuffler l'énergie et la vitalité nécessaire pour faire de "Ray" un film à voir. Les suppléments du second disque sont un peu décevants, mais la qualité audio/vidéo est quasi impeccable. Je vous recommande donc cette édition DVD.


Cotes

Film8
Menu6
Suppléments6
Vidéo9
Audio8