Bien qu'il ait connu un bon succès dans les années 50 dans des styles musicaux comme le blues et même le jazz, c'est dans les années 60 que la carrière du pianiste et auteur-compositeur Ray Charles décolla vraiment avec son approche nouvelle mêlant jazz et soul et rhythm & blues. Et bien que des décennies plus tard son étoile ait passablement palie et que seuls quelques aficionados écoutent encore sa musique, il ne faut pas oublier l'importance qu'a eu ce musicien dans le processus d'acceptation de la musique 'noire' par les radios commerciales détenues par des blancs. En effet, en plus de devoir surmonter son handicap d'être aveugle, le pianiste brisa les barrières raciales en faisant partie de la vague des musiciens afro-américains à braver les préjugés et les règles ségrégationnistes.
Mais malgré une deuxième vague de popularité, malheureusement posthume, à la sortie du film biographique Ray (B0007IF19K) avec Jamie Foxx, il semble que la musique de Charles soit de nouveau en voit d'être oubliée. Heureusement, Eagle Vision sort ces jours-ci un excellent DVD d'une série de quatre concerts donnés par Charles au Festival d'Antibes en 1961. Intitulé "Ray Charles - Live in France 1961", cette excellente captation de quatre concerts du musicien nous permet de se rappeler pourquoi il fut pendant longtemps une figure importante dans le monde musical.
Pendant plus d'une heure, Charles et son groupe (incluant les Rainettes, ses choristes) nous livre quelques classiques de son répertoire comme "I Wonder" ou "I Believe to my Soul". Et bien qu'il ait composé plusieurs grands succès, Ray Charles n'a jamais eu peur d'interpréter les pièces des autres comme il le fait amplement lors de ces quatre apparitions. Le gros du DVD est composé des concerts du 18 et du 22 juillet, avec en suppléments, quelques numéros tirés de deux autres soirées.
Et bien que le style ait un peu vieilli, les amateurs seront ravis par la qualité globale des performances de leur idole. Le musicien semble extrêmement heureux d'être présent devant cette foule enthousiaste et nous livre un spectacle des plus intéressant. D'autant plus que la captation pour la télévision est des plus professionnelles et nous permet de nous régaler au visionnement.
Au programme pour le concert du 18 juillet: "The Story", "Doodlin' ", "One Mint Julep", "Let The Good Times Roll", "Georgia On My Mind", "Sticks And Stones", "Hallelujah", "I Love Her So", "What'd I Say". Le 22 juillet: "Hornful Soul", "Let The Good Times Roll", "Georgia On My Mind", "My Bonnie ", "You On My Mind", "Ruby ", "Tell The Truth", "Wonder ", "Sticks And Stones ", "I Believe To My Soul ", "What'd I Say" et I Wonder". Avec en suppléments, des chansons tirées des spectacles des 19 et 21 juillet: The Story, Sticks And Stones, Yes Indeed, I Believe To My Soul, What'd I Say et I Wonder.
La qualité audiovisuelle est généralement excellente, même si le film porte le poids de ses années. Tourné en pellicule 16mm, on remarque un peu le vieillissement du matériel plus de cinquante ans plus tard. Quelques sauts et rayures dans le négatif noir et blanc, mais très peu. Il faut dire que le nettoyage et la préparation pour le transfert ont été bien faits, ce qui relève la qualité visuelle globale. La piste audio a elle aussi profité d'un beau travail de transfert donnant plus de corps à une bande son mono visiblement vieillissante.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |