Un des cinq groupes les plus populaires de tous les temps, auteurs du deuxième disque le plus vendu après Thriller: voici les Bee Gees, soit les frères Barry, Maurice et Robin Gibb. Par des entrevues et des vidéos d'archives, "The Bee Gees: In Our Own Words" nous transporte dans l'univers des Bee Gees, de leurs débuts en Australie alors qu'ils n'étaient que deux enfants et un adolescent, jusqu'au décès inattendu de Maurice en 2003. Bien qu'on les associera toujours au mouvement disco en raison du succès phénoménal de la bande sonore de Saturday Night Fever, il ne faut pas oublier qu'avant de passer au rythmn-and-blues et au disco, ils étaient en quelque sorte les Beatles australiens dans les années 1960. Par ailleurs, leur prolifique carrière d'auteurs-compositeurs (qui a commencé à l'adolescence!) ne se limite pas à leurs propres albums; les frères Gibb ont écrit de nombreuses chansons pour d'autres interprètes, dont "Eyes That See In The Dark" (Kenny Rogers) et "Immortality" (Céline Dion). À la suite du décès de Maurice, Robin et Barry ont mis sur glace le groupe pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'ils décident de se reformer en tant que duo (une décision apparemment prise après le tournage du documentaire). Quoi qu'il en soit, leur musique résonnera encore longtemps dans nos oreilles : Robin attribue cette immortalité musicale au fait que leurs chansons portent principalement sur les relations humaines (un thème universel) et qu'ils utilisent des harmonies vocales (un procédé rarement utilisé de nos jours).
Les personnes qui espèrent obtenir des détails croustillants sur la vie personnelle des membres du groupe seront déçues, puisqu'en général, l'accent est mis sur la musique et la carrière des trois frères. On y mentionne tout de même les problèmes de drogue et d'alcool qui ont mené au décès de leur jeune frère Andy à l'âge de 30 ans et le prix de la gloire qui a failli détruire le groupe au tournant des années 1970, alors que les frères Gibb étaient à peine majeurs et qu'ils connaissaient déjà un succès monstre avec leurs chansons, y allant même de prestations dans des émissions incontournables comme Tops of the Pops, Johnny Carson ou The Ed Sullivan Show.
La jaquette aurait pu servir de pochette de disque pour l'album This Is Where I Came In (2001), époque à laquelle appartient la photo, par ailleurs. Le menu présente le logo du groupe avec des vidéos des frères Gibb sur fond d'un trop court extrait de "You Should Be Dancing" qui risque de créer un ver d'oreille si on le laisse jouer trop longtemps. Le film est divisé en chapitres correspondant à des périodes de leur carrière, servant également à la navigation dans le documentaire. La qualité vidéo est excellente, y compris lors des entrevues avec Maurice Gibb (datant de 2001 ou 2002). La musique est bien sûr omniprésente dans le documentaire et la qualité audio est au rendez-vous, surtout à l'époque des années 1990-2000; par ailleurs, trois options audio sont proposées pour tirer le maximum de votre système de son. Comme il fallait s'y attendre, les archives audiovisuelles montrent leur âge, mais on sent que de grands efforts de restauration ont été effectués pour offrir la meilleure expérience possible de visionnement et d'écoute.
Il est difficile de concilier les deux types de fans des Bee Gees, soit ceux de l'époque "beatlesque" et ceux qui les associeront toujours avec le disco et les paillettes, mais ce documentaire réussit pourtant à le faire. "In Our Own Words" est très informatif (combien de gens se souviennent que les Bee Gees ont déjà formé non pas un trio, mais un quintet, avec Vince Melouney à la guitare et Colin Petersen à la batterie?) et il nous donne le goût de ressortir les vieux disques des Bee Gees. S'il n'y a qu'un élément à reprocher à ce film, c'est de ne pas offrir la possibilité d'accéder individuellement aux chansons complètes du documentaire, comme le montage hallucinant de "You Should Be Dancing" combinant les diverses périodes du groupe ou le vidéoclip de "This Is Where I Came In" avec son humour pince-sans-rire (il faut y voir les trois frères étendus sur un lit, dont Barry faisant semblant de dormir avec son nounours pendant que Robin chante!). Cependant, ce n'est qu'un détail mineur qui n'enlève rien à la qualité générale de ce documentaire, incontournable pour les fans des frères Gibb.
| Film | 9 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |