Bien qu'il ait connu des hauts et des bas au long de sa carrière, le groupe jazz-rock fusion Weather Report reste à ce jour la formation de ce genre musical la plus populaire. Formé en 1970 par deux réfugiés du groupe de Miles Davis qui endisquèrent avec lui le premier album du genre, Bitches' Brew, le claviériste australien Joe Zawinul et le saxophoniste américain Wayne Shorter, Weather Report marqua les années 70 par son approche explosée au rock et par son désir d'expérimenter avec des instruments et des sonorités éclectiques. Et bien que le groupe se sépara en 1986, il reste un des piliers du jazz fusion et un incontournable pour les amateurs.
Le DVD "Live in Germany 1971" présente un concert de la formation alors qu'elle était encore à faire ses premières armes. Le personnel en constante évolution du groupe de Zawinul et Shorter (qui accueilli à une époque des légendes comme le bassiste Jaco Pastorius ou le batteur Chester Thompson) se trouve à être ici celui du premier album, à une différence près, le percussionniste Airto Morera ayant été remplacé par son confrère brésilien Dom Um Romao. On retrouve donc en plus des deux leaders et du percussionniste, le bassiste tchèque Miroslav Vitous et le batteur Alphonse Mouzon.
La formation interprète quelques pièces de l'album, mais se lance aussi dans quelques improvisations comme ce fut l'habitude tout au long de leur carrière. On retrouve donc sept longues pièces pour cette captation de la télévision germanique: "Umbrellas", "Orange Lady", "Waterfall", "Seventh Arrow", "TH", "Morning Lake" et un pot-pourri improvisé qui inclut quelques extraits de ce qui allait devenir une de leurs pièces connues, "Dr Honoris Causa".
La formation est en pleine forme, les musiciens s'échangent des sourires et semblent être heureux de créer au fur et à mesure ces ambiances musicales. Les solos s'intègrent bien aux pièces et ne paraissent pas déplacés comme ce sera parfois plus tard le cas dans les performances des dernières années. Il est par contre vrai que la formation semble encore chercher son son, mais comme les albums majeurs I Sing the Body Electric et Heavy Weather ne sont pas loin, il faut croire que cette période fut nécessaire pour le groupe.
Donc, un concert fascinant pour voir Weather Report dans sa première phase et qui plaira autant aux amateurs de vieille date du groupe ou aux curieux nouvellement débarqués sur la planète jazz-rock.
Au niveau de la qualité audiovisuelle, l'origine des bandes affecte sensiblement le résultat. Bien que la captation soit d'assez bonne qualité, les limitations techniques de l'époque paraissent fortement. On a ainsi une image qui manque passablement de définition, aux contours flous et aux couleurs un peu ternes. Le son est un peu étouffé et manque de détails. Il reste qu'un excellent travail de transfert et de re-mixage a été effectué pour optimiser ce spectacle au maximum et que le résultat final est tout à fait correct. Il n'y a pas de supplément sur ce DVD.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |