Nathalie Wood Collection
Bombers B-52 / Cash McCall / Splendor in the Grass / Gypsy / Sex and the Single Girl / Inside Daisy Clover
Warner Home Video

Réalisateur: Gordon Douglas / Joseph Pevney / Elia Kazan / Jerome Robbins / Richard Quine / Robert Mulligan
Année: 1957 / 1959 / 1961 / 1962 / 1964 / 1965
Classification: PG
Durée: 106 / 102 / 124 / 143 / 114 / 128 minutes
Ratio: 2.35:1 / 1.85:1 / 1.85:1 / 2.35:1 / 1.85:1 / 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono - sauf Dolby Surround sur "Gypsy")
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 6 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883929009862

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
6 mars 2009

Décédée tragiquement à l'âge de 43 ans, Natalie Wood a marqué le cinéma hollywoodien depuis sa tendre enfance. L'Américaine née de parents russes a remporté la gloire en plus de jouer dans quelques films essentiels tels Miracle on 34th Street, Rebel Without a Cause, The Searchers et West Side Story. Afin de souligner son jeu et ses choix artistiques (qui vont du meilleur au pire), la compagnie Warner Brothers vient de faire paraître un coffret comprenant six de ses longs-métrages.

Dans "Bombers B-52" (1957), elle incarne Lois Brennan, la fille du mécanicien et sergent Chuck (Karl Malden) qui est chargé de superviser la maintenance du B-52, un nouvel avion qui sera primordial pendant la guerre en Corée. Pendant que papa, conservateur et un peu borné, rouspète contre le pilote et colonel Jim Herlihy (Efrem Zimbalist Jr.), ce dernier utilise son charme pour séduire la fille de son ennemi! Bien que le scénario de cet essai de Gordon M. Douglas ressemble beaucoup à celui d'Armageddon, il n'est pas nécessaire d'aller dans l'espace pour offrir un cocktail explosif d'action, de drames et de romance. Les protagonistes figés, les élans propagandistes et les nombreux sous-entendus sexuels finissent toutefois par transformer le récit en véritable farce, ce qui n'est pas plus mal.

Chez "Cash McCall" (1959) de Joseph Pevney, Wood défend les couleurs d'une femme qui pourrait être une proche cousine de Lois. Blessée par l'amour, Lory Austen accepte que son paternel (Dean Jagger) vendre sa compagnie, jusqu'au jour où elle apprend que l'acheteur en question est son ancienne flamme Cash McCall (James Garner). Écrit avec nonchalance, cette prémisse prometteuse n'arrive pas à exploiter convenablement son sujet. Trop souvent, l'intrigue s'avère invraisemblable et préfabriquée, à l'image de ce couple particulièrement mal agencée et de ces messages difficilement défendables.

"Splendor in the Grass" (1961) est aisément le titre le plus intéressant du lot. Normal, il est signé Elia Kazan. Dans cette émule de Romeo & Juliet, il y a Deanie (Wood) qui s'amourache de Bud (Warren Beatty dans sa première présence à l'écran). À cause de leur famille respective, les amoureux seront séparés, au grand dam de la demoiselle qui sombrera de plus en plus dans la folie. Élégamment mis en scène et brillamment interprété (dans un rôle secondaire, Barbara Loden crève l'écran), cette perle trop longtemps oubliée traite de thèmes graves sans jamais complètement chuter dans le mélo. On y aborde le désir et la filiation en prenant soin de ne pas trop faire la morale. Il s'agit surtout d'un des rares personnages où Wood a eu besoin d'explorer le côté sombre de son être.

De l'ambition, "Gypsy" (1962) n'en manque surtout pas. Il s'agit d'une comédie musicale se déroulant sur différentes années où le rêve américain et les relations mères/filles sont explorés par la bande. Toujours abandonnée de tous, Rose (Rosalind Russell) compte sur sa progéniture Louise (Wood) pour accéder au succès. Relecture trop longue et plus ou moins bien mise en images par Mervyn LeRoy d'une pièce à succès, cette vision parfois cynique de l'époque des music-halls vaut surtout le détour pour la prestation haute en couleur de Rosalind Russel qui ne fait qu'une bouchée de ses acolytes. Un atout indéniable qui n'est toutefois pas suffisant pour intéresser pendant 142 minutes.

C'est tout le contraire de "Sex and the Single City" (1964), une petite comédie inoffensive qui s'avère souvent hilarante. Un journaliste à potins (Tony Curtis, truculent) qui cherche à se rapprocher d'une psychologue (Wood, exquise à souhait) utilise les problèmes familiaux de ses voisins (Henry Fonda et Lauren Bacall qui volent la vedette au reste de la distribution) pour y parvenir. Parsemé de malentendus et d'imbroglios, ce projet de Richard Quine fait fi de son scénario anorexique pour toucher la cible grâce à la performance humoristique de ses interprètes. Ce n'est pas mémorable pour deux sous, mais ça ne se prend surtout pas au sérieux, et quelle enivrante poursuite finale en automobiles!

"Inside Daisy Clover" (1965) prouve qu'il est extrêmement difficile de changer le milieu de vie d'un individu. C'est ce qu'apprend à ses dépens un producteur véreux (Christopher Plummer) qui tente de transformer une jeune adolescente vulgaire (Wood) en star de la chanson. Car la dévergondée Daisy a plus d'un tour dans son sac et elle n'hésite pas à sacrifier sa brillante future carrière pour revoir maman (Ruth Gordon) qui est internée ou pour frayer avec un acteur cynique (Robert Redford). Ce drame social de Robert Mulligan n'est pas l'ombre de My Fair Lady et il tourne un peu en rond. Cependant, le brio de Plummer, de Gordon et de Redford compense ces quelques lacunes, et il sauve même l'entreprise du naufrage. C'est que la prestance de Wood s'avère aussi énergique qu'énervante, réduisant un mal de vivre à quelques grimaces.

La qualité vidéo est généralement plus qu'acceptable, surtout pour des films qui ont été réalisés entre 1957 et 1965. Les couleurs, souvent vives et attrayantes, semblent même avoir été rajoutées par la suite! La définition des contours est bien rendue, tout comme les contrastes généralement au point. Cela n'élimine toutefois pas tout le grain, les égratignures et le blocage. L'ensemble se regarde néanmoins avec plaisir. Les pistes audio sont en mono, ce qui limite nettement leur utilisation et leur profondeur. Les voix sont cependant claires et distinctes, et les sous-titres blancs s'avèrent plus que potables. Les trames sonores, très présentes, en mettent plein les oreilles en abusant parfois des cordes et des cuivres qui personnifient le drame ou la comédie.

Le coffret rose, mauve et blanc est d'une simplicité désarmante. Il y a Natalie Wood qui monopolise l'attention avec son regard de star. Les ouvrages sont présentés dans leurs boîtiers originaux, ce qui fait que l'objet prend beaucoup plus d'espace que des collections regroupées dans des jaquettes plus minces. Les menus principaux des DVD reprennent généralement les images figurant sur leurs pochettes. Rien ne bouge, mais des mélodies mouvementées annoncent rapidement les enjeux. Hormis des bandes-annonces et deux scènes retranchées chantées sur "Gypsy", les bonus se limitent à des courts-métrages d'animation, ce qui était la norme à l'époque. Un clin d'œil nostalgique qui fait regretter la présence de réels suppléments.

Bien que "Natalie Wood Collection" ne comporte réellement qu'un seul film important ("Splendor in the Grass"), il est toujours intéressant de voir une jeune actrice au sommet de sa beauté. Sans elle, quelques-unes des productions présentes ici n'auraient jamais été transférées en DVD. Heureusement, il y a son joli minois et sa présence angélique qui, malheureusement, l'ont souvent confiné à des rôles de femmes parfaites, alors qu'elle était capable de tellement plus. Une belle curiosité en attendant de nouveaux volumes...


Cotes

Film6/4/8/6/7/6
Présentation3
Suppléments2
Vidéo7
Audio6