Dans la lignée de Paris, je t'aime, la Grosse Pomme s'offre sa compilation de courts-métrages par l'entremise de "New York I Love You". Toujours un peu inégal, mais pas inintéressant.
Petits et grands moments d'existence dans Manhattan, et parfois même à Brooklyn. Il y a notamment un voleur qui agit en toute liberté, un musicien qui cherche de l'inspiration, un type qui se remémore sa nuit torride, une jeune femme qui filme son entourage, un homme qui aimerait peindre une inconnue, un adolescent qui se cherche une cavalière pour son bal de finissant et deux personnes âgées qui marchent jusqu'à la plage. Tout peut arriver dans la plus belle ville du monde, celle qui fait rêver les gens et qui rend les cœurs plus légers.
La démarche est classique. Multiplier les regards pour essayer de cerner l'esprit des lieux: en l'occurrence celui de New York. Pour l'occasion, 11 cinéastes se succèdent (Jian Wen, Mira Nair, Shunji Iwai, Yvan Attal, Brett Ratner, Allen Hughes, Shekhar Kapur, Natalie Portman, Fatih Akin, Joshua Marston, Randy Balsmeyer) en filmant de nombreux comédiens connus (qui incluent notamment Andy Garcia, Bradley Cooper, Natalie Portman, Orlando Bloom, Christina Ricci, Ethan Hawke, James Caan, Julie Christie, Shia LaBeouf, Chris Cooper et Robin Wright Penn).
Le résultat s'avère étonnamment cohérent, avec ces personnages qui empiètent sur différentes histoires, cherchant à exister l'espace de quelques minutes. Entre drames et rires, amour et solitude, toute la gamme d'émotions est explorée. Il ne faut toutefois pas s'attendre à un document exceptionnel. Il y aura toujours des tranches de vie plus excitantes que d'autres, et des moments plus laborieux. Il est toujours triste de voir autant de grands acteurs présents pour de rares prises et de ce côté, l'essai ne fait pas exception. L'exercice possède donc les défauts de ses qualités, amusant l'espace de 103 minutes, mais sans trop marquer les esprits. Tout le contraire de cette ville majestueuse qui ne dort jamais.
Puisque les metteurs en scène sont nombreux, il en va de même avec les mélodies présentes, qui vont du simple piano au post-rock, des airs oubliables à des tubes de Radiohead. Les pistes sonores francophones et anglophones en Dolby Digital 5.1 s'avèrent dans le ton, utilisant les enceintes pour faire ressortir des bruits de sirènes, de klaxons et de gens. Le tout n'est cependant pas aussi immersif que souhaité. Devant le doublage proposé qui laisse parfois à désirer, il est regrettable de constater l'absence de sous-titres français. La qualité vidéo varie également selon les procédés utilisés, alors que la caméra chaude et orangée de l'introduction devient de plus en plus froide et neutre. Dans tous les cas, le blocage se veut intempestif, tout comme les contrastes qui auraient pu être plus soutenus. En revanche, la palette de couleurs donne de l'éclat à certaines séquences.
La pochette rouge en forme de cœur est composée de quelques photographies des multiples récits. Le menu principal du DVD offre un montage de scènes sur une musique assez légère. En plus d'une bande-annonce et d'une série de publicités, les suppléments offrent quelques bonus qui méritent l'attention. Tout d'abord ces deux courts-métrages supplémentaires qui ne suivaient pas la ligne directrice de l'ensemble. Le premier, réalisé par Scarlett Johansson, suit un Kevin Bacon jusqu'au quai de Coney Island sur une musique de Philip Glass. Un peu trop précieux, mais féerique. Le second, plus mélancolique d'Andrey Zvyagintsev, s'intéresse à un garçon qui capte un élément singulier sur sa caméra. Quelques courtes entrevues avec cinq participants (Ratner, Attal, Marston, Nair et Iwai) permettent d'en savoir davantage sur leur travail, le lien avec les gens et la ville.
"New York I Love You" est un plaisir éphémère, une initiation inoffensive et toute en douceur à un des endroits les plus courus de la planète. Ce n'est pas comme y aller en personne (où sont les quartiers de Queens, de Harlem et du Bronx?), et avec le talent des gens réunis, il fallait sans doute s'attendre à quelque chose de plus extraordinaire. Sauf que dans le genre, il s'est fait bien pire dans le passé que cette visite inégale, mais néanmoins tendre et révélatrice.
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |