Night Flight
Warner Home Video

Réalisateur: Clarence Brown
Année: 1933
Classification: PG
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 883929184767

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
14 juin 2011

Ça vous est probablement arrivé un jour ou l'autre de tomber sur un film plate, mais super intéressant. C'est mon cas avec "Night Flight" de Clarence Brown, un vieux (très vieux) film à propos du courrier aérien de nuit dans en Andes. Mon intérêt premier était de voir un vieux film (1933... ils sont plutôt rares) et vous connaissez mon amour de ce cinéma. Mais je me suis retrouvé devant presqu'un documentaire avec des acteurs que je connaissais d'autres productions et de grandes utilisations du zoom (mais avec la caméra qui recule - imaginez ça avec l'équipement géant de l'époque alors que tout le monde tient son souffle pendant le zoom). Je ne connaissais pas l'histoire (et encore moins que cela était tiré d'un roman d'Antoine de Saint-Exupery)... 1933 m'avait tout simplement convaincu!

C'est une histoire qui n'arriverait pas aujourd'hui avec les GPS et toute la technologie, mais en ces années là, le service Trans-Andean European Air Mail ne se fiait qu'à un poste de radio et les nerfs d'acier de ses pilotes. Monsieur Riviere (John Barrymore), gérant de la compagnie d'aviation française, voulait rendre son service plus efficace avec un service de nuit, car ce que l'avion gagnait sur les autres transports (train, camion, bateau), il le perdait durant les longues nuits d'attente ou de mauvaise température. Pour Monsieur Riviere, le succès de son entreprise est plus important que la vie de ses pilotes et il ne se gêne pas pour le dire, et ce, malgré le recommandations de Monsieur Robineau (Lionel Barrymore), son gestionnaire des pilotes (qui est atteint d'eczéma - drôle de personnalité ajoutée à un personnage). Nous voyons l'impact de cette dictature sur les aviateurs Jules Fabian (Clark Gable), Auguste Pellerin (Robert Montgomery) et autres (William Gargan, C. Henry Gordon et Ralf Harolde)... tout ça pour qu'une destinataire reçoive une carte postale le mercredi au lieu du jeudi. Malgré la présence de plusieurs femmes (Helen Hayes, Dorothy Burgess et Myrna Loy - que j'avais dernièrement vu dans plusieurs films de Jean Harlow) qui amènent un brin d'émotions, la vraie histoire d'amour que ces hommes ont c'est avec le ciel. Et pour plus d'humanité dans l'histoire, un médicament provenant de Santiago est aussi dans le courrier pour sauver la vie d'un bébé qui se trouve à Rio, et ce, à l'insu des pilotes.

Les histoires de pilotes étaient la rage à cette époque (dont Hell's Angels quelques années plus tôt) , mais de présenter des gens qui n'ont que d'instruments un poste de radio-émetteur pour avoir des infos météo et leurs yeux pour voir s'ils ne frappent pas une montagne des Andes au dernier instant devait être assez impressionnant. Pour nos yeux modernes, nous pouvons voir ce que cette ère de la Dépression faisait de la relation patron-employés: "Faites ce que je veux, ou allez voir ailleurs si vous pouvez trouver un emploi". À l'époque, on avait comparé le long-métrage dans la publicité comme était similaire au film Grand Hotel pour sa suite de grands acteurs réunis dans le même projet... sauf que très peu de ceux-ci se croisent, même que Clark Gable ne sort jamais de son avion!

Pourquoi ce film revient sur la liste de Warner. Les droits sur le roman d'origine au studio avaient expiré en 1942 (une location des droits pour seulement neuf ans) et George Feltenstein (VP du marketing pour les classiques catalogue) a travaillé fort pour permettre cette production de David O. Selznick de revoir la lumière à temps pour émerveiller les spectateurs du TCM Classic Film Festival de 2011 (incluant Drew Barrymore dans la salle qui regardait son grand-père et son oncle à l'écran!). Il en est aussi le cas pour le film The Constant Nymph qui verra probablement le jour sur DVD d'ici la fin de l'année.

Le fait d'avoir été mis de côté si longtemps a fait en sorte que le film n'ait pas vraiment joué et a pu être conservé dans un était très convenable, quoiqu'il montre quand même des signes d'usure. L'image a un gros grain et quelqu'un m'a fait remarquer que c'est probablement parce que c'est une copie d'une copie du négatif original. Le contraste des tons de gris est bon, mais l'image est quelques fois floue lors des effets visuels (zoom, fondue à la Star Wars!) et les détails en sont affectés. La piste sonore monophonique est un peu sourde (presque cancane), mais les dialogues sont suffisamment nets. Un audiovisuel très ordinaire.

Comme suppléments, il y a le court-métrage "Swing High" (1932) où on nous présente une famille de trapézistes nommée les Flying Codonas (avec la narration de Pete Smith) ainsi que le court-métrage animé "When the Cat's Away" (1935) qui propose des souris et des coquerelles qui dansent lorsque le chat est parti. Ce dernier film offre un intéressant rendu d'un métrage en format deux bandes Cinecolor (rouge et cyan) dont le manque de jaune est terriblement visible avec le logo du lion de MGM!

Pour les amateurs de films pré-code (quoique celui-ci ne fera pas rougir les censeurs), ce film rarement vu est certainement une curiosité en compagnie de ses deux courts-métrages, mais sera d'un ennui total pour le commun des mortels.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments5
Vidéo5
Audio4