Inspiré de faits vécus en jouant néanmoins fortement la carte de la fiction où les gentils sont souvent des héros, "Nothing But The Truth" mélange journalisme et politique en posant quelques questions fondamentales.
Un scandale éclate aux États-Unis, se rendant jusqu'à la Maison Blanche. Il a débuté après une chronique incendiaire de Rachel (Kate Beckinsale) où elle révèle l'identité d'une agente de la CIA. Afin de connaître sa source, le procureur spécial Patton (Matt Dillon) la poursuit devant le tribunal. En restant muette, la jeune femme est condamnée à outrance au tribunal, et elle devra faire de la prison jusqu'au moment où elle avouera tout. Désireuse de faire correctement son métier, Rachel préfère aller à l'ombre, et ce, même si elle ne pourra plus voir son fils et son mari.
Cette histoire scandaleuse est pratiquement un calque des évènements survenus à Valerie Plame dont l'identité a été révélée dans un célèbre journal américain. Il est donc question d'ingérence politique et de journalisme d'enquête à une époque où la vitesse de l'information, le culte du spectacle et la peur du terrorisme dominent tout. Un défendant du quatrième pouvoir peut-il protéger ses sources où il doit tout avouer devant le tribunal pour ne pas nuire à la sécurité nationale? C'est à cette épineuse question que cherche à répondre ce téléfilm luxueux qui confronte continuellement des idéaux (sur la liberté, le féminisme, etc.) à la douloureuse réalité en fonçant parfois la dose des effets chocs.
Comme ses précédentes réalisations (dont le très intéressant The Contender), Rod Lurie n'étonne guère par sa mise en scène. Tout y est terriblement sage et classique, ensevelissant son sujet touffu par une multitude de dialogues. Les personnages, un tantinet trop manichéens et plus parfaits que leur représentant réel, sont toutefois sauvés par la très jolie distribution. Kate Beckinsale est étonnamment solide dans le rôle principal, tout comme Matt Dillon qui ne se fera pas beaucoup d'amis. Autour d'eux, il y a le truculent Alan Alda, le gauche David Schwimmer, la stoïque Angela Bassett, le sympathique Noah Wyle et la troublante Vera Farmiga. Quelques visages qui arrivent ultimement à amener un peu de gras autour de l'os.
La musique lente et harmonieuse est généralement composée au piano. Les pistes sonores en anglais et en français utilisent les différents haut-parleurs pour faire ressortir des bruits de machines à écrire, de sirènes de police et de sonneries de téléphone. Ces éléments discrets ne brouillent jamais les voix, toujours claires et audibles. De visibles sous-titres jaunes sont disponibles pour le cinéphile qui en ressent le besoin. Les images sobres aux couleurs précises offrent une belle blancheur immaculée. Un peu trop d'ailleurs. La présence de blocage ne pèse heureusement pas lourd dans la balance face aux contrastes et à la définition des contours qui sont plus que potables.
La pochette terriblement convenue confronte les visages de Dillon et de Beckinsale sous fond de Maison Blanche. Le menu principal reprend cette idée statique en y superposant une mélodie rythmée. Les suppléments regroupent une série de bandes-annonces, dix minutes de pertinentes scènes supprimées où il est possible d'en savoir davantage sur les personnages, un éclairant documentaire d'une demi-heure sur les liens entre la fiction et la réalité, ainsi qu'une piste de commentaires de Rod Lurie et du producteur Marc Frydman. Les deux hommes discutent de détails et d'anecdotes en demeurant toujours concret.
"Nothing But The Truth" mérite davantage l'attention pour son sujet chaud plutôt que par son traitement. Il ne faut surtout pas s'attendre à une nouvelle version de The Insider tant le cinéaste privilégie constamment le verbe au détriment de sa mise en forme. Cela n'empêche pas le récit d'intéresser par ses joutes politiques et ses jeux de coulisse où le dindon de la farce semble continuellement être ces journalistes idéalistes. De quoi faire patienter à attendant le plus excitant State of Play.
| Film | 6 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |