The Orson Welles Collection
Koch Vision

Réalisateur:
Année: 1946, 1953, 1960, 1962
Classification: NR
Durée: 420 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
19 mars 2006

Orson Welles est une figure mythique du cinéma. Son premier film fut un considérable échec commercial, faisant perdre la colossale somme de 150 000 dollars aux studios RKO en 1941. Pourtant, Citizen Kane allait révolutionner le 7e art avec son jeu de lumière et ses plans de caméra. Il connaîtra une fructueuse carrière autant derrière que devant la caméra. Grand amateur de William Shakespeare, il adapta de nombreuses pièces du célèbre auteur pour le théâtre et pour le cinéma. La compagnie "Passport Video" annonce la venue prochaine d'un coffret de cinq disques regroupant quatre de ses films ainsi que quelques documentaires dont une émission télévisée à laquelle il participa en 1956. Le tout a pour nom "The Orson Welles Collection".

The Stranger (1946)

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale Wilson (Edgar G. Robinson), un enquêteur à la recherche de criminels de guerre, retrouve la trace d'un nazi, mais le laisse filer en souhaitant que ce dernier le mène vers Franz Kindler considéré comme l'architecte principal de la solution finale. Ce film est un des premiers à avoir traité des criminels de guerre et il fut tourné au même moment que Notorious d'Alfred Hitchcock qui abordait le sujet d'un autre angle. C'est bien connu qu'Orson Welles pratiquait la magie et ce film en est un sur l'illusion, celle d'être quelqu'un que l'on n'est pas ou de ne pas être, qui nous sommes. L'autre thématique abordée est celle de l'obsession, plus particulièrement celle des horloges. Malgré qu'il a plus ou moins bien vieilli, ce film mérite d'être vu et demeure un des plus grands succès commerciaux d'Orson Welles. Original!

King Lear (1953)

Cette pièce de théâtre du grand William Shakespeare, tournée pour la télévision met en vedette Orson Welles. C'est plutôt Andrew McCullough qui a dirigé ce téléfilm. Pour vous rafraîchir la mémoire, disons que "King Lear" est une tragédie dans laquelle un roi décide de diviser son royaume en trois parts égales pour ses filles. Il demande en retour que ses filles lui démontrent de l'amour filial. C'est à une production de peu de moyens que nous assistons. Mais l'essentiel demeure, car le jeu des comédiens est assez convaincant et nous avons droit à des jeux de caméras astucieux pour l'époque. Tourné avec deux caméras qui se partagent une scène montée en six sections, nous avons droit à de très originales transitions. Comme vous l'aurez sans doute deviné, Orson Welles personnifie le roi Lear. Correct!

David and Goliath (1960)

Ce film biblique raconte les préparatifs philistins dans la guerre les mettant aux prises avec les Hébreux. Sous la gouverne du roi Saül, les juifs repousseront et triompheront de l'ennemi. Au passage le jeune David terrassera Goliath, le champion des Philistins. Cette petite production a été réalisée par quelques réalisateurs et paraît-il qu'Orson Welles aurait lui-même dirigé ses propres scènes. Quoi qu'il en soit, ce film n'a que comme idée intéressante le fait de présenter cette guerre d'une perspective philistin, versant que ne couvre pas la bible. Mais dans son ensemble, le film manque de rythme et de conviction. Orson Welles semble par moments sur le pilotage automatique, même si le film se passe en 1100 avant Jésus Christ. Décevant!

The Trial (1962)

Ce film raconte l'histoire de Joseph K. qui par un beau matin se réveille pour être accueilli par les autorités qui l'accuse d'on ne sait quoi. Il sera arrêté et soumis à un procès sans jamais savoir de quoi il est accusé. Adapté du mythique roman Le procès de Franz Kafka, ce film met en lumière la notion de culpabilité au sens large du terme. Tout le film semble un long rêve éveillé et le climat d'oppression et de désarroi si bien rendu dans le livre trouve ici une place prépondérante. La direction artistique est fabuleuse et c'est en Europe qu'Orson Welles put dénicher l'argent nécessaire pour le faire. On peut donc retrouver les splendides Romy Schneider et Jeanne Moreau jouer aux côtés d'Anthony Perkins très convaincant en Joseph K. Ce film est un des rares qu'Orson Welles put tourner après Citizen Kane et dans lequel sa vision d'auteur n'est pas altérée par la production. Grandiose!

Des quatre films présentés, il y en a un d'incontournable et un autre qui mérite d'être vu. Par contre, tous possèdent une qualité vidéo et audio simplement atroce. Aucun des films n'a été retouché et dans tous les cas, la copie maîtresse devait être dans un état lamentable. C'est épouvantable de mettre sur le marché du matériel si alléchant en nous le présentant dans un pareil état. C'est simplement inadmissible. Ils poussent l'affront jusqu'à apposer l'imprimé "The Orson Welles Collection" en permanence dans le coin inférieur droit de l'écran. Ah oui, dans ce cas, il n'y a aucune imperfection à l'image. Le niveau de détail de l'image de tous ces films est faible et les scènes demandant du contraste sont difficilement regardables. L'aspect sonore n'est guère mieux. Aucun bruit de fond n'a été éliminé et nous avons l'impression de visionner les films en même temps que l'on fait éclater du maïs. Le débit sonore est épris de fluctuations constantes et l'ensemble sonne très sourd. Ajoutez à cela l'absence totale de sous-titres et vous avez de quoi grincer des dents.

Avec tout ce déferlement de frustration, j'en étais à oublier le cinquième disque, celui qui renferme les suppléments. L'apparition d'Orson Welles à l'émission de variété "Herb Shriner Show" part le bal. Ceci met surtout en lumière le grand intérêt du cinéaste pour la poésie alors qu'il récite un poème de Carl Sandburg. "Hollywood Remembers Orson Welles" est le documentaire le plus intéressant du lot. On y relate sa glorieuse carrière ainsi que ses nombreuses échauffourées avec l'establishment hollywoodien. "Hollywood Couples: Orson Welles & Rita Hayworth" documente la vie commune de ses deux monstres sacrés, citant au passage de nombreuses anecdotes. Un livret de quatre pages qui introduit chacun des films et qui présente les suppléments complète ce boîtier.

Orson Welles doit se retourner dans sa tombe en se voyant sur la pochette de ce coffret. C'est de loin le pire transfert vidéo qu'il m'ait été donné de voir avec The Laurel and Hardy Collection du même producteur. Sachez que l'on peut se procurer individuellement et dans une édition fort respectable, l'incontournable de cette collection, en l'occurrence The Trial. Quant à cette collection, c'est une honte que de présenter un produit d'aussi piètre qualité.


Cotes

Film7/5/4/9
Présentation2
Suppléments4
Vidéo2
Audio3