Gentille comédie nostalgique parsemée de tubes en puissantes et de personnages savoureux, "Pirate Radio" s'amuse à remonter le temps, à une époque dans le vent où à peu près n'importe qui aurait voulu vivre.
Pendant les années 1960, le rock'n'roll et la musique pop sont bannis des radios britanniques. Cela n'empêche pas les hommes et les femmes d'un bateau pirate de diffuser ces pièces, au grand plaisir de milliers d'auditeurs.
Cette prémisse simple qui tient en quelques lignes titille l'histoire pour se tourner vers l'essentiel: le plaisir rencontré à l'écoute d'un succès des Beach Boys ou des Rolling Stones. C'est pourquoi le réalisateur Richard Curtis a décidé de dynamiter son montage pour offrir un séduisant objet bien rond doté d'un humour souvent irrésistible. À partir d'une multitude de personnages pas toujours bien définis, il rend un hommage sincère à cette époque folle, levant le voile sur les premières fois (perdre sa virginité, se marier, être en compétition, découvrir son père) avec un malin plaisir. Les situations dépassent parfois l'entendement et le rythme mené tambour battant n'évitent pas quelques baisses de régime, sauf que la distribution réunie (qui comprend notamment Philip Seymour Hoffman, Kenneth Branagh, Bill Nighy et Nick Frost) se révèle truculente.
Le récit très coloré peut compter sur des images exquises, de superbes contrastes, des reflets judicieux et des couleurs vives, ce qui est amplement suffisant pour faire oublier ces traces de blocage. L'incroyable musique, qui va des Kinks à David Bowie en passant par Jimi Hendrix et Cat Stevens, baigne les péripéties, devenant pratiquement un personnage à part entier. Les pistes sonores sont de qualité supérieure, faisant ressortir des enceintes des bruits de vent, de cris et d'instruments. Les voix un peu faibles peuvent être appuyées par un honnête doublage francophone ou par de très visibles sous-titres blancs.
La pochette kitch est tout à fait dans le ton, présentant huit de ces individus qui ont soif de libération. Plus ordinaire est le menu principal du DVD, superposant un montage de scènes sur une mélodie rythmée. Les rares suppléments méritent le détour. La piste de commentaires narrée des voix du cinéaste, de la productrice Hilary Bevan Jones et des comédiens Nick Frost et Chris O'Down est à l'image du résultat final: éclatée et désopilante à défaut d'être fournie en informations essentielles. Tout le contraire de ces excellentes 43 minutes (!) de scènes retranchées que Richard Curtis a parfois dû couper contre son gré. Ces moments qui peuvent traîner en longueur servent à développer les individus qui sont bien souvent des caricatures ambulantes.
"Pirate Radio" est un divertissement tout à fait honorable, sympathique et attendrissant, qui ne fait pas de mal à une mouche tout en faisant rire presque du début à la fin. Cela aurait bien entendu pu être plus profond et caustique dans sa façon de décrire la censure de l'époque. En revanche, la riche trame sonore et la distribution rassemblée sont autant d'éléments recommandables dans cette croisière tirée par les cheveux qui donne seulement le goût d'écouter de la bonne musique et de participer à une émission radiophonique.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |