Prince Valiant
20th Century Fox

Réalisateur: Henry Hathaway
Année: 1954
Classification: G
Durée: 100 minutes
Ratio: 2.55:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
16 mai 2004

Le 13 février 1937 apparaissait sous le crayon du dessinateur canadien Harold R. Foster dans le New York journal, les aventures chevaleresques du Prince Valiant. Vêtu d'un costume bleu avec comme emblème une tête de cheval rouge, cheveux coiffés à la manière d'un petit page, ce personnage haut en couleur, fait le bonheur des petits comme des plus grands partout dans le monde. Devant un tel engouement pour cet aventurier du moyen-âge, la 20th Century-Fox décide d'acheter les droits afin d'importer au grand écran ce personnage médiéval... "Prince Valiant".

Exilé de son pays natal, Prince Valiant (Robert Wagner), fils du Roi Aguar (Donald Crisp) de Scandie se rend à la cour du Roi Arthur (Brian Aherne) pour y être sacré chevalier. Il s'éprend de la belle princesse Aleta (Janet Leigh), mais trouve en Sir Brack (James Mason) un adversaire impitoyable. Sir Gawain (Sterling Hayden), l'un des plus courageux chevaliers de la Table Ronde reconnaît en lui tout le courage que doit posséder un futur chevalier. Sir Gawain le prend sous son aile et en fait son écuyer. Après diverses aventures, Prince Valiant retourne en Scandie, écrase l'usurpateur Sligon (Primo Carnera) avec l'aide de son ami viking Boltar (Victor McLaglen) et, après avoir pris la citadelle d'assaut, rétablit le roi légitime sur son trône. Le prince Valiant revient auprès du Roi Arthur et lui explique que le chevalier noir qui désire prendre la couronne de Camelot est nul autre que l'infâme Sir Brack qui le met aussitôt au défi dans un combat à mort. Prince Valiant tue le traître et sera par la suite promu chevalier.

Le réalisateur et vétéran Henry Hathaway fut choisi par le studio de la 20th Century-Fox pour mettre en chantier cette aventure moyenâgeuse. Autour du très jeune acteur Robert Wagner qui n'avait que vingt-quatre ans à l'époque, Hathaway lui joint des acteurs plus expérimentés... Dans le rôle du scélérat, James Mason y est délectable, il est celui qui se tire le mieux d'affaire dans cette production qui ressemble un peu trop à une bande dessinée plutôt qu'à une œuvre cinématographique. Le scénario de Dudley Nichols est assez faible, même le plus jeune des enfants reconnaîtra à coup sûr l'identité du fameux chevalier noir. Disons-le, cette trouvaille est ratée. Le dialogue de son côté est mal écrit et très artificiel. Bref, la mollesse de ce film provient justement du travail exécrable de Nichols.

Heureusement, la photographie et les plans de caméra sont splendidement réussis par l'un des maîtres de son temps Lucien Ballard. Il utilise à la perfection la technique du Cinémascope et les décors mis à sa disposition. En ce qui a trait aux costumes, l'art de Foster est assez bien respecté sauf pour le Prince Valiant où l'uniforme bleu, tellement familier par les lecteurs, est quasi absent dans ce film, sauf à la toute fin, lors du combat final entre notre héros et le méchant.

Un autre point positif est bien sûr la musique du maestro Franz Waxman. Il a écrit une musique très intéressante. Waxman a créé un climat exotique évident et n'a pas hésité à illustrer chaque partie du film et de ses différents aspects: des amours difficiles entre Prince Valiant et Aleta, les combats etc. Autant de moments qui permettent à Waxman de créer de grands reliefs dans sa musique, en évitant la monotonie du discours musical grâce à différentes ambiances. La musique thème de cette aventure présente l'aspect à la fois dramatique et sombre du film en utilisant l'orchestre dans une montée plutôt tendue et agressive de la musique, le début ressemble étrangement à l'œuvre d'Elmer Bernstein dans The Magnificent Seven.

En ce qui touche la partie de l'image, elle m'a laissé mi-figue, mi-raisin puisque par moments elle est passablement bonne et dans d'autres misérable. L'image est présentée en format anamorphique et le procédé Technicolor est vif et lumineux. Les niveaux de noirs sont un peu faibles, mais demeurent tout de même acceptables. Mais ce qui est sérieusement problématique est une oscillation grave du Telecine (lors de la numérisation de la bande du film) puisque l'image vibre rapidement de gauche à droite, de sorte que les objets stationnaires semblent bouger démesurément et est perceptible surtout sur un écran de plus de trente pouces. Cette vibration est très déplaisante pour nos yeux et dérange véritablement quant à notre concentration sur l'action. Également, l'image passe d'un éclairage tantôt verdâtre, tantôt bleuté ou orangé ce qui est d'autant plus pénible. Il est dommage que 20th Century-Fox n'ait pas su corriger ces lacunes sur ce DVD qui fête cette année ses cinquante ans.

Trois bandes-son sont disponibles, mais la bande anglaise est de loin supérieure. Les qualités audio des bandes sonores française et espagnole sont typiques des doublages produits au cours des années cinquante où le son n'a aucune profondeur. Bref, le dynamisme est somme toute limité, mais les dialogues sont toujours nets et intelligibles. Vous trouverez dans les suppléments: un newsreel promotionnel de moins d'une minute du "Prince Valiant" entrecoupé par la convention de l'A.F.L. avec Mitzi Gaynor et d'autres personnes de l'industrie cinématographique. Outre la bande-annonce du film "Prince Valiant", vous trouverez des bandes-annonces de choix de la 20th Century-Fox.

Henry Hathaway connu notamment pour ses œuvres comme, Nevada Smith, How the West Was Won et True Grit, n'arrive pas cette fois-ci à nous livrer la marchandise avec son film "Prince Valiant" où les rebondissements sont prévisibles et répétitifs, tandis que les personnages sont maladroitement développés. Pour les adeptes des aventures touchant cette période de l'histoire, je vous conseille plutôt des films un peu plus captivants qui sauront répondre adéquatement à vos attentes tels, Knights of the Round Table et Excalibur ou bien le classique drame musical Camelot.


Cotes

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