The Pursuit Of Happyness
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Gabriele Muccino
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 117 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
25 mars 2007

Will Smith navigue dans le miel et le gâteau dans "The Pursuit of Happyness", une histoire vraie sucrée et collante sur le rêve américain. Lorsque les bonnes intentions rendent fou, il y a un sérieux problème.

Chris (Will Smith) veut le bonheur pour sa femme Linda (Thandie Newton) et son fils Christopher (Jaden Christopher Syre Smith). Sauf que l'année 1981 à San Francisco ne lui apporte pas beaucoup de bonnes nouvelles et l'argent manque rapidement. Devant s'occuper seul de sa progéniture et tentant par tous les moyens d'obtenir un stage non rémunéré dans une importante firme, le bon père de famille doit tirer le diable par la queue. Les déménagements sont fréquents, les dodos dans des maisons pour sans-abris sont nombreux et à chaque instant, cette famille risque de s'effondrer. Mais en multipliant les efforts, rien n'est impossible...

Ce récit véridique est une adaptation du livre autobiographique écrite par Chris Gardner. Cependant, ce n'est pas évident de croire que tous ces malheurs sont arrivés à un seul homme. En moins de deux heures, le héros se fera larguer par sa femme, un chauffeur de taxi lui courra après, son travail sera volé en de nombreuses occasions, il perdra tout son argent, il aboutira en prison, etc. Pourtant, autant la malchance s'abat sur le personnage principal, autant le destin lui sera finalement redevable. De quelle façon? Grâce au bon vieux rêve américain qui récompense les gens qui se dressent devant l'adversité. L'homme devient un être humain en s'accomplissant dans son travail et qu'il soit étranger ou noir, l'argent pourra être la reconnaissance suprême. Ce n'est surtout pas dans ce long-métrage que l'éternel stéréotype de l'Amérique disparaîtra.

L'histoire n'est pas seulement très prévisible, elle est aussi moralisatrice. Les messages sur l'espoir et la nécessité de croire en ses rêves sont légion et ils finissent par abrutir le spectateur. Répéter sans cesse la même chose pour accroître le renforcement est un manque flagrant de subtilité. La musique, appuyée et ampoulée, ne finit plus de jouer la sensibilité kitch et désuète pour soutirer le maximum de larmes. Ces airs conviennent toutefois mieux à un Forrest Gump. Au moins, rien n'entrave les voix et les sous-titres anglophones, francophones ou espagnols sont faciles à déchiffrer. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 demeurent intéressantes avec leur lot de bruits de voitures, d'hélicoptères, de métro et de pluie qui s'évadent des haut-parleurs.

La qualité de l'interprétation sauve ce film de l'échec monumental. Will Smith a été nominé aux derniers Oscars et si ce choix peut surprendre, il n'est guère étonnant. Avec le sous-estimé Ali et le trop peu connu Six Degrees of Separation, il trouve ici un des ses meilleurs rôles. Ses détracteurs affirmeront qu'il ne fait que courir - autant que dans ses Bad Boys et autres Enemy of the State - et ce constat n'est pas mauvais. Sauf que son jeu dramatique n'est pas mal du tout. Devant lui se trouve son propre enfant Jaden Christopher Syre Smith qui est parfait en fils mignon et rigolo, le véritable rayon de soleil du long-métrage. Ce duo éclipse tout sur son passage, reléguant les autres comédiens à des rôles unidimensionnels.

La reconstitution d'époque est également dans la note. Le souci du détail est impressionnant, avec des habits et des voitures qui respectent généralement ce début des années 1980. Il y a même une vieille annonce de Raging Bull et un cube Rubik personnifiant le sauveur de la nation. Malheureusement, le DVD est disponible en deux versions: panoramique et plein écran. Encore en 2007, les gens sont confrontés à un choix. Pourquoi les deux options ne sont-elles pas disponibles sur un même disque? Comme la version reçue est celle qui épouse le plein écran, ce n'est guère surprenant de se retrouver devant une image laide et incomplète. La pâleur de l'ensemble est flagrante et si le ton se veut résolument réaliste et vieillot, le rendu final est drabe et sans éclat.

Voilà deux qualificatifs qui peuvent bien décrire la pochette. Cette dernière montre les deux Smith se réconforter, avec une ville en arrière-plan et un soleil en plein milieu du carton. Eh oui, comme la chaleur, l'espoir, le renouveau, etc. Le menu principal reprend cette thématique en y superposant un montage souple de scènes et une chanson sirupeuse à souhait. Si la présentation laisse à désirer, les suppléments surprennent... nettement plus que le film. Il y a tout d'abord un documentaire de 18 minutes où Will Smith et ses amis producteurs expliquent leur choix d'avoir confié la réalisation du projet à l'Italien Gabriele Muccino. Il y a également un gentil segment montrant la chimie de la famille Smith et des blagues qui pouvaient avoir lieu sur le plateau de tournage. Cela ne va pas très loin, mais ça se laisse bien regarder. Plus pertinent est cette rencontre avec le vrai Chris Gardner qui s'exprime sur le récit et son processus de guérison. Les photos de l'époque sont très représentatives. Le dossier sur le cube Rubik est fascinant. Une multitude d'informations sur sa popularité est disponible et il y a même un admirateur qui est capable de le faire à une main... ou les yeux fermés! Le tout en seulement quelques minutes!! Les douze annonces annonçant les prochaines productions de Sony Pictures et le tube musical indigeste "I Can" n'attireront pas l'attention très longtemps, mais la piste de commentaires vaut le détour. Le cinéaste du mignon Ricordati Di Me et son accent prononcé parle d'un pays, d'une région et d'un sujet qui l'ont beaucoup touché. Il peut s'égarer dans des allusions plus ou moins importantes, mais sa façon de parler - toujours sans prétention - révèle quelques nouveaux éléments.

"The Pursuit of Happyness" est un film mou, un pamphlet patriotique montrant comment la vie peut être belle aux États-Unis. Lorsque des critiques sociales se pointent le nez (le nombre effarent de sans-abris à San Francisco), rien n'est exploré en ce sens. La logique est de ressasser, encore et toujours, les mêmes clichés sur le devoir et le sacrifice. En ce sens, la valise portée par le personnage principal équivaut presque au poids de l'Amérique qui pèse sans cesse sur ses épaules... Autant les acteurs, l'époque et les suppléments piquent la curiosité, autant les bons sentiments, la musique, les morales et la prévisibilité de l'ensemble jouent sur les nerfs.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments7
Vidéo6
Audio7