Duo
Christal Films

Réalisateur: Richard Ciupka
Année: 2006
Classification: G (QC)
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
5 novembre 2006

C'était reparti pour un autre été de cinéma québécois léger et sans conséquence. Dans la lignée des Nuit de Noce, Horloge Biologique et autres Idole Instantanée, la saveur estivale de 2006 s'intitulait "Duo". Plus ça change, plus c'est pareil.

La trame narrative de cette comédie douce et inoffensive s'apparente aux œuvres romantiques américaines si populaires dans les années 1940. Pascale (Anick Lemay) et Jules (François Massicotte) sont deux compétiteurs qui assistent au festival de la chanson de Charlevoix pour convaincre le chanteur Francis Roy (Serge Postigo) de sortir de sa retraite. Au début, tout sépare ces deux êtres égoïstes qui multiplieront tous les coups bas pour arriver à leur fin. Mais avec le temps, ils s'habituent à la présence de l'autre et l'amour serait possiblement dans l'air. Réalité, fantasme ou folie, telle est la question!

Un peu comme l'avait fait Guy A. Lepage à la sortie de son stupide Camping Sauvage, le cinéaste Richard Ciupka n'a cessé de répéter dans les médias que son "Duo" était un petit film rafraîchissant pour l'été - donc, une simple vue - et qu'il ne s'attendait pas à charmer Les Cahiers du cinéma. Un constat honnête et lucide pour un gars qui a déjà réalisé des longs-métrages plus réussis par le passé, comme La Mystérieuse mademoiselle C et sa suite. Pourtant, cet avertissement n'excuse en aucun cas le résultat final, moins catastrophiques que Les Boys IV ou Les Dangereux, mais qui laisse grandement sur sa faim.

Tout de "Duo" sent le réchauffé. La chimie entre François Massicotte et Anick Lemay n'opère jamais, Serge Postigo est peu convaincant avec sa perruque et il est très dommage d'avoir transformé l'excellente Julie McClemens en caricature vivante, source de défoulement de tous les êtres. De bons comédiens simplement mal ou sous utilisés. Les personnages, incroyablement typés et prévisibles, ne sont également jamais réellement développés, car à la première occasion, l'emphase est mise sur le chanteur connu (comme Jamil) pour le faire bien paraître dans toutes les occasions.

Cette mise en valeur ne s'effectue pas seulement sur le plan des individus. Au départ, c'est une grosse publicité pour que le public visite la région de Charlevoix, un procédé utilisé beaucoup plus subtilement dans le sympathique La Grande Séduction. En même temps, il y a un placement de produits incessant qui est drastique et lève le cœur. Tim Horton est un des commanditaires, fallait-il réellement inclure leurs logos un peu partout?

C'est dommage que la mièvrerie soit si prononcée, car la forme est loin d'être mauvaise. Les paysages de Charlevoix sont sublimes, à un tel point qu'ils ressemblent par moments à des fonds bleus. La qualité des images est très élevée. Les tons gris du début (personnifiant la ville) se métamorphosent rapidement pour laisser toute la latitude aux couleurs belles et éclatantes. La présence d'un très léger blocage est rachetée par une excellente définition des contours et des contrastes tout à fait appropriés.

Le film est une ode à la musique et une trame sonore de qualité variable s'accapare très souvent les différents haut-parleurs. Cette atmosphère donne de l'élan et une personnalité en mouvement au produit final. Les différentes chansons sont de la partie pour meubler les situations plus physiques. Les voix ne sont donc que très rarement dénaturées. Dans toutes les occasions, les répliques s'entendent à merveille et en cas de besoin, d'excellents sous-titres anglophones blancs viennent à la rescousse.

Une pochette plus "vendeuse" n'aurait pas fait de mal. Montrer les visages de cinq interprètes avec une montagne en toile de fond, c'est un peu kitch sur les bords. Le menu principal du DVD propose des icônes en mouvement et une grosse musique entraînante. De quoi racheter un peu le boîtier. Les suppléments proposent deux bandes-annonces peu convaincantes, quelques scènes inédites s'étirant trop longtemps et une galerie de jolies photos qui défilent automatiquement. Heureusement, une piste de commentaires du réalisateur Richard Ciupka amène un peu de chair autour de l'os. Avec sa solide voix, il donne des détails sur le tournage et il parle des changements apportés au scénario tout en s'attardant longuement aux différentes scènes. Ses propos sont parfois plus instructifs que la vue elle-même!

"Duo" trouvera sans doute son public auprès de gens qui encouragent les yeux fermés le cinéma québécois. Les paysages sont jolis, les sourires sont nombreux et les publicités faisaient nettement plus peur. Sauf que Ciupka a manqué l'occasion de décrypter plus en profondeur les raisons poussant des agents d'artistes à tout abandonner pour triompher sur leurs poursuivants... Ni bon ni mauvais, seulement un gros bof moyen.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments5
Vidéo8
Audio7