Film ayant passé complètement inaperçu au box-office québécois (156 000$ selon mes sources) et avec un budget de 1.2 millions, on peut dire que le film n'a pas fait ses frais. Pourquoi ? Je dois dire que la bande-annonce n'est pas très révélatrice. Moi-même, j'avais trouvé que la bande-annonce n'annonçait rien de bon. Et bien, détrompez-vous! Le film est excellent et le DVD lui rend bien justice.
Stéphane (Isabel Richer) (oui, oui, c'est bien une fille au nom de Stéphane) et Bettie Brousseau (Catherine Trudeau) s'occupe de la ferme porcine familiale après le décès de leur père. Ayant quelques problèmes financiers (surtout à cause de Stéphane), elles s'arrangent comme elles le peuvent pour faire un peu d'argent pour tenir l'entreprise à flot. Stéphane a loué un espace de son champ à deux crapules, Paquette et Chose (Sylvain Marcel et Jean-Nicolas Verreault) pour la culture du "pot". Bettie a loué son corps pour porter un bébé pour un petit couple de banlieusards un peu innocents sur les bords. Lorsque Stéphane décide de vendre le "pot" au petit dealer du village (Christian Bégin), les problèmes commencent. Paquette et Chose ne sont pas des enfants de chœur et ils voudront bien se venger de Stéphane. Le film est comme une araignée qui tisse lentement sa toile. Plein de surprise vous y attend.
Erik Canuel nous signe son premier long métrage, et comme baptême, il faut dire que c'est assez réussi. Issu de la publicité et des vidéo-clips, il a également fait sa marque à la télévision avec Fortier. D'ailleurs, il n'a pas hésité à s'entourer de personne ayant travaillé avec lui sur Fortier, dont Dazmo (Mitsou et son chum Iohann) pour la musique. La musique électronique donne un rythme fou au film et c'est drôlement efficace. La réalisation et les prises de vues sont innovatrices. Franchement, c'est une belle nouvelle pour le cinéma québécois. La scénariste Joanne Arseneau commence sérieusement à faire sa marque au Québec: série télévisée TAG et 10-07 et l'excellent film Le Dernier Souffle.
La piste audio française 5.1 est très efficace. Le mixage est de qualité et on utilise très bien l'ensemble des haut-parleurs. Par contre, j'ai eu un petit problème lorsque j'ai voulu écouter les extras : j'étais en mode 5.1 et j'ai voulu écouter l'entrevue avec le réalisateur sauf qu'aucun son ne sortait. Il a fallu que je mette la configuration 2.0 pour pouvoir entendre les extras.
Justement, les extras! On a droit à six scènes qui ont été enlevé au montage, dont trois avec le personnage de Rougeau. Après ces coupures, le personnage n'existe plus dans la version finale! Le réalisateur Canuel nous explique pour chaque scène les raisons de la coupure. Les scènes sont de bonnes qualités et elles sont intégrés dans le reste du film pour qu'on ait une idée de l'emplacement des scènes.
Ensuite, vient un commentaire du réalisateur. D'une durée de vingt minutes, il y parle des caméras Mini DV utilisées, de son équipe, de la colorisation, du balayage des séquences, de la technologie digitale, des génériques et du mixage Dolby 5.1 qu'il a effectué. L'entrevue est très intéressante et elle est entrecoupée de séquence pour appuyer la discussion (exemple : la colorisation).
Une scène finale alternative est également présente. Elle est introduite par un commentaire du réalisateur. Une scène très courte, mais très forte en signification. Un peu cruel comme fin. Une finale qui aurait pu être surprenante. Mais, on voit dans le commentaire de Canuel qu'il a beaucoup beaucoup hésité… Finalement, on a droit à une quinzaine de minutes de bloopers sur le tournage. Vraiment très agréable à regarder et pas mal drôle.
Je vous encourage fortement à voir ce film. Il va sûrement vous surprendre énormément. Pour ma part, j'ai eu une satisfaction totale envers ce film.
| Film | 9 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8.5 |