Maman est chez le coiffeur
Equinoxe Films / Universal

Réalisateur: Léa Pool
Année: 2008
Classification: PG
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Frank Jr Rodi
17 novembre 2008

Mon rapport avec le dernier film de Léa Pool est intéressant... et un peu spécial. Je suis journaliste pour l'hebdomadaire Les Versants du Mont-Bruno et il m'est arrivé à quelques reprises d'écrire des textes concernant le lancement du projet et l'ouverture officielle du nouveau Cinéma Beloeil. "Maman est chez le coiffeur" a été en grande partie tourné à Beloeil, à Mont-Saint-Hilaire et dans les environs de la rivière Richelieu. Lorsque le film a été lancé, c'est au Cinéma Beloeil que la première mondiale a eu lieu. Le tapis rouge, quelques vedettes du film, la réalisatrice, les députés du comté, ... La grosse affaire. Je crois que la première québécoise du film de Denys Arcand, L'Âge des Ténèbres, s'était aussi déroulée à cet endroit. Cependant, malgré les textes rédigés sur l'ouverture du cinéma, malgré les publicités affichées dans notre journal, l'exclusivité de la première avait été accordée à un compétiteur bien connu de la région de la Vallée-du-Richelieu. Bien que l'accès à la première du film ne nous soit pas accordé, j'avais pu avoir un entretien téléphonique avec Léa Pool afin de parler de son film, et plus tard, une entrevue avec le propriétaire du Cinéma Beloeil pour avoir ses commentaires sur l'événement de la première.

Depuis la sortie de C.R.A.Z.Y., on dirait que le cinéma québécois s'attarde à réaliser des films qui se déroulent dans le passé, notamment durant les années 60. Je pense notamment à Un été sans points ni coup sûr et évidemment à "Maman est chez le coiffeur". Ce dernier se passe plus particulièrement durant l'été de 1966. On dirait parfois que peu importe l'époque, que le film se situe dans les années 60, les années 80 ou les années 2000, lorsqu'il s'agit de brosser le portrait de l'enfance, je n'ai pas de difficulté à me retrouver dans l'une ou l'autre des décennies. Signe que les enfants sont tous pareils, peu importe le temps? C'est vrai! Qui ne se retrouve pas, qui ne revoit pas des passages de son enfance dans L'été de mes 11 ans, dans la première partie de Forrest Gump, dans Stand by Me, dans La Guerre des Tuques, et maintenant dans "Maman est chez le coiffeur"?

C'est le tout début des vacances estivales pour les enfants Élise, Conrad (Coco) et Benoît Gauvin, la vie est belle, les soirées sont longues. Bricoleur à ses heures, Coco se construit un bolide dans le garage de la maison, Élise s'évade dans les champs et va à la pêche pendant que le petit Benoît, renfermé dans son univers, suit sa grande sœur partout et joue avec ses drôles de personnages. Mais tout n'est pas rose pour la famille d'Élise, surtout lorsque celle-ci surprend son père dans une situation intime avec un collègue de golf. S'en suit l'éclatement de la famille. La mère, interprétée par Céline Bonnier - l'un des rares comédiens connus de la distribution principale - quitte le navire et s'en va à Londres poursuivre son travail de journaliste, laissant ses trois enfants et son mari seul à la maison. Entre son frère Coco qui poursuit son travail sur son bolide malgré tout, son jeune frère Benoît qui s'enfonce de plus en plus et son père qui est rattrapé par les événements, la jeune Élise décide de prendre les rênes de la famille et évolue malgré de l'enfance à l'adolescence.

En plus de brosser un beau portrait de l'enfance, Léa Pool dresse un magnifique tableau de la région de la Vallée-du-Richelieu, avec ses scènes sur le bord du Richelieu, ses plans ayant pour fond le mystique mont Saint-Hilaire, ses séquences dans les champs de maïs. Avec des scènes comme celles-là, qui viennent en quelque sorte promouvoir et mettre en valeur cette belle région de la Montérégie, on ne s'attend à rien de moins qu'à une image de grande qualité pour ce film québécois. C'est le cas. Rien n'est laissé au hasard. Les différents tons de verts, de bruns, de bleu et de jaune - le jaune est très présent durant tout le film - sont éclatants. Du côté de la piste sonore, l'audio est tout aussi excellent. Les dialogues sont bien rendus, et ce, que les scènes se déroulent à l'intérieur ou à l'extérieur.

Du côté des extras, le DVD offre deux entrevues, une avec le comédien Élie Dupuis qui explique comment il a décroché le rôle de Coco et parle de son passage au Téléthon Opération Enfant Soleil, ainsi qu'une avec le compositeur des pièces Laurent Eyquem qui raconte sa façon de travailler avec les enfants du film. On nous offre aussi des scènes supprimées (sept en tout, dont une fin alternative) qui ne nous apprennent rien de plus sur l'histoire, une galerie de photos et les interprétations des chansons "Bang Bang" et "The Great Escape", deux pièces que l'on entend durant le film et que chante en supplément le comédien Élie Dupuis (Coco).

"Maman est chez le coiffeur" m'a non seulement surpris par son côté dramatique et émouvant, mais m'a aussi fait rire. C'est un beau film qui étonne, qui fera plaisir aux nostalgiques de ces films des années 60 et qui par le fait même fera découvrir la belle région de la Vallée-du-Richelieu.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio8