Voilà que le cinéma québécois tente le coup et s'attaque au cinéma de genre. Le réalisateur Phillipe Gagnon (Premier juillet, Dans une galaxie près de chez vous 2) s'est attaqué au fantastique l'année dernière en portant à l'écran le scénario de Stéphane J. Bruneau et Pierre Daudelin, une histoire de loups-garous. Malgré une distribution qui mise sur Guillaume Lemay-Thivierge, Viviane Audet, Antoine Bertrand, Patrice Robitaille, Marie-Chantal Perron, Gilles Renaud, Sébastien Huberdeau, Mirianne Brûlé, Martin Dubreuil, Michel Barrette, Marie-Thérèse Fortin, Patrick Drolet et Benoit McGinnis, le film n'a pas fait courir les foules et s'est fait démolir par les critiques. La vraie question demeure, le film est-il un si gros navet? Qu'est-ce qui cloche vraiment, le scénario, le jeu des acteurs, la réalisation ou bien les québécois se font tout simplement trop d'attentes envers les produits de chez nous? La sortie DVD du "Poil de la bête" va répondre à mes questions et je vais essayer de vous faire part de mon expérience avec le plus de justesse possible.
On retrouve Joseph Côté (Lemay-Thivierge), coureur de jupons autant que coureur des bois, dans une position assez affriolante avec la fiancée de l'intendant Talon. En cette année 1665, cet acte est condamnable en Nouvelle-France et notre bellâtre est bon pour la potence. Cependant, il réussit à s'échapper de sa cellule et se pousse vers la seigneurie de Beaufort. En chemin, il tombe sur le cadavre du père Brind'amour et décide d'emprunter ses habits et bien entendu, son identité. À Beaufort, il est alors pris pour l'homme d'Église et découvre que ce dernier est vénéré pour ses exploits de chasse, une chasse qui sort des chantiers battus. Oubliez les orignaux et les ours, le père Brind'amour est reconnu pour avoir eu la peau de plusieurs loups-garous. Évidemment, il y en a quelques-uns qui sèment la terreur dans le village la nuit et le faux jésuite devra endosser ses mensonges et jouer son rôle jusqu'au bout. Pendant qu'un petit groupe de villageois commence à se méfier de lui et le prend pour la bête, il s'amourache d'une des filles du Roy, Marie Labotte (Audet), qui a perdu la trace de sa petite sœur Sophie (Brulé) dès son arrivée en Nouvelle-France. Il fera tout en son possible pour montrer qu'il n'est pas une créature de la nuit et tenter de retrouver la sœur de son nouvel amour.
Le disque nous arrive dans un boitier standard qui nous montre sur la pochette le bras poilu d'un loup au clair de lune, semblant poursuivre un couple dans la forêt. Le menu du disque nous montre l'image de la pochette, sans mouvement, avec les options dans le bas de l'écran. Une petite musique accompagne le tout et il est à noter que le menu est disponible en anglais et en français. La qualité vidéo que nous propose "Le poil de la bête" est à la hauteur, sans révolutionner le monde du DVD. Ayant affaire à un film qui se passe majoritairement la nuit tombée, l'image nous offre des noirs d'une belle profondeur et une palette de couleurs à la fois sombres et bien définies. Mis à part un petit gel entre deux séquences vers la fin du film, je n'ai pas de reproche à faire à cet aspect technique. Du côté sonore, encore là, ce n'est pas le gros luxe, mais c'est fait sans bavure. Les dialogues sont clairs et audibles du début à la fin et les effets sonores qui viennent s'ajouter, que ce soit la musique ou les bruits ambiants, le font avec brio. Le DVD nous offre quelques ajouts dans sa section des suppléments. Premièrement, on retrouve le documentaire du tournage "Les coulisses du fantastique", qui a été diffusé avant les fêtes sur les ondes de Radio-Canada. Un très bon segment de plus de quarante minutes, qui vient nous montrer l'envers du décor avec des entrevues avec les acteurs et les artisans du film. Deux segments de petites capsules sont également présents dans la section, capsules des comédiens et capsules derrière la caméra. Ces différentes capsules se retrouvent toutes dans le documentaire précédent, mais ici, on peut les visionner séparément. La bande-annonce du film ainsi que celle de Lance et Compte: Le film et Cabotins sont disponibles.
Au final, je ne sais pas si c'est moi qui suis différent de tous les autres, mais j'ai bien aimé l'expérience du poil de la bête. Il est vrai que le scénario est prévisible, qu'il y a quelques ruptures de ton dans les dialogues des personnages et que les effets spéciaux ne sont pas terribles par moment, mais est-ce vraiment ce qui importe le plus. J'ai vraiment passé une belle heure et demie en compagnie des personnages du film et je le conseille à tous ceux qui oseront l'essayer. Je trouve vraiment agréable de voir ce genre de film produit par l'industrie québécoise, un film avec des décors et des costumes d'époque et une histoire qui est rarement racontée par les gens de chez nous. Le DVD nous offre en plus une très belle qualité technique et un peu de viande du côté suppléments. C'est loin d'être le film de l'année, mais c'est loin d'être le navet annoncé par les critiques lors de sa sortie en salle.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |