Andy est un joueur compulsif, doublé d'une personnalité hyperactive, qui reçoit une mauvaise nouvelle; il va mourir sur le champ s'il ne peut rembourser ses dettes de jeu, mais comme Reuban, le mafieux de qui il a contracté cette dette l'aime bien, il lui donne une heure à vivre. Reuban accepte de faire ce qu'Andy veut bien pour sa dernière heure sur Terre. Il entraine donc son futur assassin dans ses péripéties au cours de cette heure. On découvre vite qu'il a plus de profondeur que ce qu'il veut bien montrer, tout comme son tortionnaire, qui a tout du dur au cœur tendre. Tourné en temps réel (d'où son titre anglais), le film met en lumière l'importance de profiter du temps qu'il nous reste, de profiter de chaque instant de la vie.
D'accord, je vous le concède, la morale du film est assez conventionnelle, même un peu "gna-gna" sur les bords. Heureusement, les acteurs principaux nous offrent des performances tellement justes que nous embarquons instantanément dans l'histoire. Soulignons ici les excellentes performances du montréalais Jay Baruchel qui joue Andy, ainsi que Randy Quaid, qui joue le rôle de Reuban. Le film repose entièrement sur les épaules des deux acteurs, même s'ils sont très bien appuyés par des personnages secondaires tous plus attachants et hétéroclites les uns que les autres. Le réalisateur Randall Cole tient les reines de son œuvre d'une main de maitre, appuyé par un montage efficace. Notons aussi que le film ne dure que 78 minutes, générique inclus, juste assez pour nous entrainé dans son monde, sans longueur. Tourner en temps réel comporte son lot de pièges, mais Cole parvient à les éviter et à nous divertir. La série 24 a mis de nouveaux standards en ce qui a trait aux œuvres tournées en temps réel, mais dans ce cas-ci, Cole n'a pas à rougir devant les aventures de Jack Bauer, même si les deux univers sont diamétralement opposés.
La jaquette nous montre nos deux antihéros côte à côte, le titre bien en évidence sous eux et la phrase "Today could be the last day of the rest of your life", sous le titre. L'image ne souffre d'aucun signe de compression, vraiment un superbe travail de transfert numérique, même chose pour l'audio, on laisse toute la place aux dialogues dans les enceintes avant, tandis que les bruits environnants nous donnent vraiment l'impression d'être dans l'action. Les extras sont peu nombreux, mais ici, comme dans le film lui-même, la qualité prévaut sur la quantité. On nous présente des entrevues avec les acteurs, qui nous expliquent ce qui les a entrainés dans cette aventure et combien il est agréable de travailler avec Randall Cole. Il y a aussi un reportage en coulisse, ou justement Cole nous explique sa démarche, ainsi que les pièges et difficultés de tourner en temps réel.
Je n'avais aucune attente envers cette production, j'ai même, au grand dam de mon éditeur (désolé Martin!), remis mon visionnement plusieurs fois, ne me sentant pas inspirer par la morale à cinq sous qu'on nous présente en grosse lettre sur la pochette. Ça m'apprendra à avoir des préjugés aussi! Je vous le recommande fortement, un des bons films que j'ai vu cette année.
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |