Le cinéma indépendant est de plus en plus présent sur nos écrans et TLA Releasing est certainement l'un des meilleurs éditeurs de ce genre. Plus spécialisé dans les films étrangers et sociaux, il nous arrive cette fois-ci avec une histoire simple de deux êtres que tout sépare, mais que l'amour va réunir.
Brady (Sean Hoagland) est un jeune homme qui vient de déménager avec sa mère, Marty (Laura Jane Coles) dans la petite ville côtière de Rock Haven, en Californie. Fervents pratiquants, Marty s'occupe d'une école chrétienne tout près, alors que Brady est un peu laissé à lui-même. Malgré tout, il est d'une aide précieuse à l'église locale où il donne souvent un coup de main et où il aime aussi se réfugier. Pourtant, un jour, sa foi sera mise à rude épreuve alors que son voisin, Clifford (Owen Alabado) croisera son regard, alors que ce dernier s'apprête à se baigner dans une petite crique du coin. Dire que ce fut le coup de foudre instantané n'est pas vraiment loin de la vérité. Mais Brady, qui est plutôt timide, va se laisser emmené par son opposé, le déluré Clifford, vers des jeux de plus en plus sans équivoque. C'est alors que le dilemme se posera dans les pensées de Brady, et dans son entourage : en fervent croyant qu'il est, quelle position doit-il adopter dans sa nouvelle relation? Ce ne sera certainement pas sa mère, hyper protectrice, qui l'aidera.
Arborant un sujet qui n'est pas nouveau, il faut se tourner vers l'interprétation et la réalisation pour trouver plus de contenu. Pour cela, on ne manquera pas de remarquer les acteurs principaux, pour qui c'était pratiquement leurs débuts devant une caméra (sauf Owen Alabado, qui avait tenu le rôle de la victime dans la mise en scène du procès de Michael Jackson par E! Television en 2005). On est rapidement emportés par l'ambiance, parfois pesante, parfois tendue et surtout par cette impression que notre jeune héros est seul. La sensation de solitude est accentuée par l'environnement des lieux. Quelques maisons posées là au bord de l'océan, difficile de faire plus retiré.
TLA releasing nous propose une édition dans la moyenne, avec une image au format panoramique, mais non anamorphique, de qualité convenable, sans pour autant être excellente. Il y a parfois du bruit dans l'image, surtout dans les scènes sombres, et même en plein soleil, les couleurs ne sont pas des plus vives. La piste sonore anglaise est comme l'image, juste convenable. Il ne faut pas trop de bruits parasites pour tout comprendre, d'autant plus qu'il n'y a pas de sous-titres, ni de codage pour malentendants. La page de menu principal propose des extraits du film sur un fond sonore musical. Les pages secondaires sont fixes et muettes.
Quelques suppléments agrémentent cette édition. Tout d'abord, une dizaine de scènes supprimées, qui n'apportent vraiment rien de plus et qui parfois sont même complètement invisibles. Il y a aussi une petite galerie de photos de tournages. En fait, au lieu d'y voir des moments du film, ce sont les membres de l'équipe que l'on y voit. Disons que ça fait différent. Enfin, pour terminer, on peut aussi regarder la bande-annonce du film. À noter que pour rester dans le sujet, l'image principale du boîtier DVD a toutes les allures d'un dessin de Steve Walker, illustrateur célèbre de la cause homosexuelle.
Un sujet qui n'est malheureusement pas inédit, mais servi malgré tout avec justesse par de jeunes acteurs qui savent doser leur jeu, et c'est tant mieux. Quant au débat de fond, je ne suis pas certain qu'il sera vite réglé. C'est une édition qui reste malgré tout intéressante, avec un produit qui intéressera un public varié, et pas seulement homosexuel, car le sujet pourrait être transposé à d'autres situations sociales. À voir au moins une fois pour se faire sa propre idée.
| Film | 7 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |