Shoot'Em Up
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Michael Davis
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 86 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
10 février 2008

Les films se suivent et se ressemblent? Ils s'enlisent dans le politiquement correct, offrant au passage les mêmes bonbons à la saveur identique? Pourquoi ne pas laisser son cerveau en jachère et délirer auprès d'un bon vieux film d'action viril et efficace? Comme simple plaisir éphémère, il est difficile de demander mieux que "Shoot'Em Up".

Mr. Smith (Clive Owen) n'est pas chanceux. Assis sur un banc, il ne dérange personne. Sauf que l'homme réactionnaire vient d'apercevoir une femme enceinte courir et un méchant sur ses pas. En l'aidant, il vient de signer son arrêt de mort. En voulant secourir ce couffin, l'amateur de carottes devra se frotter au dangereux Mr. Hertz (Paul Giamatti) et à ses scribes qui tirent plus rapidement que leur ombre. Et c'est la course entre les chats assassins et le rat rusé, qui aura besoin des services d'une souris maligne (Monica Bellucci) pour l'aider à protéger son fromage.

Jusqu'à maintenant, le réalisateur Michael Davis n'avait rien fait de très intéressant. De Eight Days a Week à Monster Man, difficile de marquer moindrement les esprits. Sa carrière risque toutefois de lever avec la sortie en DVD de "Shoot'Em Up", un "blockbuster" en puissance. Sur papier, l'histoire ne semble guère originale. Pire, l'affiche qui a été présentée en salle et la pochette sont terriblement ordinaires. Elles ne montrent que les héros avec des armes dans les mains. Mais à l'écran, les 90 minutes s'écoulent à la vitesse de l'éclair et elles risquent de plaire à quiconque aime le moindrement les œuvres explosives et musclées.

Comme tout bon film d'action qui se respecte, le feu est rapidement mis aux poudres. Il y a des vilains à la tonne, des morts par dizaines et un nombre incroyable de balles tirées par une multitude de fusils différents. De quoi faire rougir tous les Rambo de la planète. Le long-métrage n'est toutefois pas que bête et stupide comme la dernière production de Sylvester Stallone. La critique des armes à feu fait mouche et l'anti-héros s'attaque uniquement à ceux et à celles qui entravent les lois.

Contrairement à de nombreuses productions du genre, la pétarade de Davis ne se prend pas au sérieux. Les répliques cultes abondent, les situations tordantes fusent de toutes parts et les invraisemblances prennent rapidement le pas. Clive Owen, particulièrement habité, ressemble à un lapin blasé qui ne fait que manger son légume préféré. Peu importe ce qu'il fait (l'amour, aider une femme à accoucher), il a toujours une main sur son pistolet pour faire régner l'ordre. Face à lui, il y a un Paul Giamatti disjoncté, variation plus que satisfaisante du coyote qui n'arrive jamais à ses fins. Entre ces monstres de testostérone se dresse une Monica Belluci aussi sexy que décorative.

La musique semble de tous les instants, empruntant les sentiers du hard rock et du heavy metal, laissant parfois de l'espace à un tube de Nirvana. Les bruitages ravissent les oreilles, tout comme ces pistes sonores incroyablement denses qui asservissent les différents haut-parleurs de pleurs de bébé, de sirènes de police et, bien entendu, de balles de revolvers. À un tel point que des fins de phrases peuvent se perdre dans la tourmente. Afin de tout saisir, il y a de très visibles sous-titres blancs en français et en anglais. Quant à elles, les images sont stylisées à souhait. Les couleurs sont souvent dans des tons noirs et gris, alors que les reflets sont plus éclatants, passant allègrement du jaune au vert et au rouge plus bordélique. Hormis une trace de blocage, le transfert s'avère impeccable et les contrastes demeurent incroyablement précis.

Le menu principal du DVD est plutôt intéressant. Des scènes en mouvement se succèdent, évoquant un manga survolté. Le titre apparaît couleur sang, suivant une mélodie rythmée et entraînante. Les suppléments sont nombreux, ce qui peut être surprenant. Il y a tout d'abord neuf scènes retranchées ou allongées qui sont souvent drôles et il est possible d'y insérer des commentaires du cinéaste. Le segment "Animatic" a plutôt été créé pour vendre le film aux producteurs. Il s'agit d'un dessin animé en noir et blanc d'une quinzaine de minutes qui reprend quelques scènes du long-métrage. Déridant. Tellement plus que les trois bandes-annonces du divertissement ou des publicités diverses. La piste de commentaires du réalisateur est très complète et distrayante. Michael Davis parle de sa passion pour les œuvres de Sergio Leone et de John Woo en abordant les multiples thèmes (cascades, effets spéciaux, interprétation, lieux et alouette) liés à une même séquence. Un excellent complément au documentaire touffu de 53 minutes sur le tournage. Cette fois, le metteur en scène et scénariste, les acteurs et les membres de l'équipe technique abordent le processus de création, revenant sur les influences diverses en restant à la fois drôles et rigoureux. Il est également possible d'insérer le disque dans l'ordinateur pour accéder à encore plus d'information, que ce soit des photographies, une partie du scénario et des statistiques assez cocasses.

"Shoot'Em Up" s'adresse à un public très précis. Il faut aimer les scénarios sans queue ni tête à la James Bond, les scènes puérilement cocasses et l'absence d'enjeux majeurs. Le récit qui débute sur des chapeaux de roue perd rapidement de son mordant pour recouvrir graduellement sa vitesse de croisière. Ces défauts sont cependant accessoires pour tous les amateurs du genre qui cherchent à vivre quelques sensations fortes.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo9
Audio9