The Express - The Ernie Davis Story
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Gary Fleder
Année: 2008
Classification: PG
Durée: 130 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 janvier 2009

Film de sports comme il y en a tant, "The Express: The Ernie Davis Story" se démarque légèrement du lot grâce au soin apporté à ses personnages. Il y a certes beaucoup de football au sein de cette histoire vraie, mais l'honnêteté des situations permet d'évacuer les soubresauts moralisateurs et la trop longue durée de l'exercice.

Cette fiction inspirée de faits véridiques suit la carrière d'Ernie Davis (Rob Brown), un joueur de football afro-américain à une étape clé des États-Unis (les années 1950 et 1960) où le racisme ambiant était à son comble. De ses premiers faits d'armes à son désir ardent d'atteindre la NFL, en passant par les relations houleuses avec ses coéquipiers et la naissance d'un premier amour, l'intrigue suit les hauts et les bas de son existence, se concentrant surtout autour de la relation salvatrice et conflictuelle avec son entraîneur exigeant (Dennis Quaid).

Le cinéaste Gary Fleder est une sorte de Ron Howard de seconde main. Il peut toucher à tout, mais sans arriver à insuffler son propre style à ses récits. De Kiss the Girls à Runaway Jury en passant par Impostor et Don't Say a Word, la qualité et l'originalité variait grandement. Contre toute attente, il signe sa meilleure réalisation sur "The Express" en s'inspirant de la marque de commerce d'Oliver Stone. La mise en scène est donc précise dans le moindre de ses détails, alternant séquences d'action et ralentis, noir et blanc et images plus saturées. Le soin apporté à l'époque est donc considérable, se manifestant par d'excellents contrastes, des couleurs généralement justes et, malheureusement, un peu trop de blocage. Ce traitement, s'il n'est pas nouveau (c'est pratiquement la marque de commerce d'une œuvre ancrée dans la nostalgie), sied particulièrement bien à l'ensemble.

Fondamentalement, la façon dont est développée la prémisse est loin d'être inédite. Elle ressemble à Rudy, Remember the Titans, The Great Debaters et toutes les autres missives où l'histoire édifiante est teintée d'éléments socioculturels (l'intolérance, le racisme...). Surtout que sa progression ne se veut pas particulièrement novatrice. Telle une biographie, la chronologie est pratiquement respectée de la première à la dernière image, suivant ce garçon qui va devenir un homme dont les rêves seront abruptement arrêtés par les hasards du destin. Le tout étant placardé de quelques discours finaux peu subtils et d'une musique souvent tonitruante renfonçant le côté actif des joutes de football ou le drame qui se déroule en filigrane. À ce chapitre, les pistes sonores en anglais et en espagnol bénéficient de formidables enceintes permettant à la foule de rager et aux mélodies de régner. Et dans tout cela, rares sont les éléments qui entravent les dialogues, et ces derniers peuvent toujours compter sur de très visibles sous-titres blancs.

"The Express" arrive à sortir légèrement de la manne du long-métrage sportif. Le récit est filmé avec aplomb et efficacité. Derrière ces quelques longueurs et temps morts, le rythme finit par s'articuler autour des personnalités fortes et attachantes des protagonistes. Il y a Rob Brown en tête de la liste, déjà remarqué dans le très moyen Finding Forrester de Gus Van Sant, qui livre ici une performance crédible et assurée. Ses confrontations avec l'ours mal léché Dennis Quaid sont les séquences les plus captivantes du récit. Tout comme les conversations qu'il peut avoir avec les très justes Omar Benson Miller et Darrin Dewitt Henson.

La pochette évocatrice montre un joueur courir avec un ballon ovale dans ses mains. En un seul coup d'œil, il est extrêmement difficile de se tromper de projet! Le menu principal en mode "Red Bull" superpose plusieurs séquences sur un air dramatique certain. Écrasant à défaut d'être inédit. Les suppléments font le tour des enjeux sans s'attarder outre mesure. Un documentaire de 14 minutes traite du contexte historique, du choix des comédiens et des lieux du tournage. Un segment présente l'histoire d'Ernie Davis et un autre explique l'aura qu'il a eu sur l'université de Syracuse. C'est intéressant sans nécessairement être essentiel. Outre plus de sept minutes de scènes inédites (elles étaient généralement trop longues ou superflues), un document s'attarde aux difficultés de recréer des parties de football. La cerise sur le gâteau est toutefois cette jolie piste de commentaires du réalisateur. De sa voix tendre et posée, le cinéaste fouille son sujet en le complétant d'informations intéressantes, prenant son temps pour traiter de l'importance du montage et le traitement qui se devait d'être le plus authentique possible.

Sans doute que dans de meilleures mains, cette "autre" œuvre de football aurait été beaucoup plus mémorable et enlevante. Mais Gary Fleder n'a pas à rougir de son effort. Devant tous les obstacles et les conventions liés au genre, il a réussi à faire un joli botté qui file tout droit vers la zone de buts. Au final, cette victoire, même mineure et accaparée de justesse, se veut significative. Surtout pour les amateurs de sports et les adeptes des biographies.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio8