The Road
Alliance Vivafilm

Réalisateur: John Hillcoat
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 111 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935834335

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
23 mai 2010

Adaptation consciencieuse de l'excellent roman gagnant d'un prix Pulitzer de Cormac McCarthy, "The Road" fait excuser ses quelques longueurs et son rythme parfois chancelant grâce aux soins apportés à sa photographie et la performance maîtrisée de ses très bons interprètes.

Dans une société post-apocalyptique, les hommes sont redevenus des bêtes sauvages, chassant et dévorant même leurs semblables. Un père (Viggo Mortensen) et son fils (Kodi Smit-McPhee) sont sur la route, en direction du Sud, cherchant de la nourriture et des abris pour se protéger du froid et de la pluie. Chaque rencontre pourrait être mortelle, et ils ne détiennent plus que deux balles dans le revolver pour mettre fin à leur jour si jamais le destin ne penche pas de leur côté.

Véritable sensation du domaine littéraire, le sublime livre de Cormac MacCarthy a son lot d'admirateurs, dont la plupart ont été déçus par cette adaptation cinématographique. S'il est parfois injuste de comparer les médiums, et que cette transposition est bien entendue inférieure, elle n'est pas négligeable pour autant. Faisant suite à son singulier Proposition qui demeurait dans le même esprit, le cinéaste John Hillcoat a pris soin de ne pas trop s'éloigner de la matière première, si ce n'est que pour l'alimenter de plusieurs retours - parfois inutiles - dans le temps éclaircissant la présence de la mère (incarnée avec aplomb par Charlize Theron).

Le récit en est donc un d'attente et de fuite où il est question de vie, de mort, d'espoir, d'apport au monde et de la présence de Dieu. Le rôle de l'humanité apparaît au premier plan, avec ces gens qui cherchent à survivre de tous les moyens possibles et inimaginables, et ceux qui le font décemment. Le long-métrage ne plaira donc pas aux amateurs de sensations fortes tant l'action se fait rare. C'est plutôt le drame et le suspense qui sont mis de l'avant, apparaissant clairement lors de cette exploration d'une cave sinueuse et mortellement dommageable. S'il est possible de trouver le tout un peu redondant, l'interprétation convaincue empêche de détourner le regard très longtemps. La distribution secondaire est parfaite (autant Robert Duvall que Guy Pearce dans des rôles souvent brefs), alors que Viggo Mortensen trouve là un de ses meilleurs personnages en carrière. Seul le jeune Kodi Smith-McPhee laisse un peu à négliger tant ses cris et ses pleurs peuvent être particulièrement irritants.

La magnifique photographie et la grandiose direction artistique jouent également pour beaucoup dans l'appréciation de l'essai. Les âmes errent dans des décors dantesques qui sont bien mis en valeur par les images précises et détaillées. L'univers croule sous la poussière et la saleté, ce qui permet aux couleurs grises et brunes de s'infiltrer partout. Les contrastes primordiaux sont également sidérants, faisant une seule bouchée de la lumière. Quelques jolis reflets plus lumineux apparaissent lorsqu'une salle est éclairée d'une simple bougie, de quoi faire oublier la rare présence de blocage. Sans être aussi inoubliable que dans le mésestimé The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, la musique concoctée par Nick Cave et Warren Ellis développe habilement une atmosphère de suffocation et, ensuite, de libération, s'accentuant par l'entremise de puissantes cordes et un piano mélodique. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont également de très bonne qualité, surplombant les enceintes de bruits d'oiseaux, de vent, d'eau, de feu, d'orages et de vagues. Les voix claires auraient pu être plus fortes. Cependant, il y a de très visibles sous-titres blancs en cas de besoin, et la traduction dans la langue de Molière est tout à fait acceptable.

La pochette prenante montre les deux protagonistes qui semblent fuir le lieu d'une explosion. Le menu principal du DVD opte plutôt pour un harmonieux montage de scène et une mélodie un peu trop collante. Les suppléments généralement superficiels regroupent deux bandes-annonces, quelques séquences retranchées ou allongées qui ne sont pas fondamentales (mais tout de même intéressantes), un documentaire un peu trop usuel sur le tournage (on y évoque l'histoire, les thèses développées, l'influence des mots originaux, la prestance de Viggo Mortensen, etc., sans jamais réellement entrer dans les détails) et une piste de commentaires qui aurait pu être plus relevée, où le réalisateur aborde les lieux de tournage, les choix scénaristiques et les éclairantes comparaisons (notamment avec Katrina).

Plus fascinant que The Book of Eli, mais nettement moins haletant que Childen of Men, "The Road" n'est pas pour toutes les sauces. Il s'agit bien plus d'une odyssée au sein de la psyché humaine qu'un banal film explosif. Cela ne remplace évidemment pas les écrits littéraires, sauf que l'ensemble tient étonnamment bien la route, tout cela grâce au visuel et aux comédiens étincelants.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio8