Les séries de télé réalité sont un sujet quelque peu fragile. D'un côté, certaines sont réussies tandis que d'autres sont reléguées au panier des oubliettes, les ratés de l'évolution. "College Hill" se retrouve entre ces deux feux. Sans être raté telle la série My Super Sweet 16 (dont vous pouvez lire la critique ici), le programme n'en demeure pas moins miné de plusieurs défauts qui entachent une certaine critique qu'il aurait été bon de continuer au lieu de s'engouffrer dans un voyeurisme prévisible aux balbutiements quelconques.
Le concept de la série est on ne peut plus simple : il s'agit d'observer les péripéties d'un ensemble d'étudiants venus au College Hill pour s'offrir une éducation tout en étant témoins des déboires qu'ils vivront en tant que groupe. Ces huit pauvres âmes se verront torturées alors que, loin de leur famille et de leur amour, ils seront forcés (ou tentés) de retourner leur veste. Le temps passe et la tension, le choc culturel et tout ceci ne fait qu'augmenter puisque ces adolescents en passage à l'âge adulte se rendront bientôt compte qu'ils n'auraient su prévoir les événements se produisant à l'intérieur des murs de leur maison commune. Partageant tout, ils sont rapidement mis devant le fait que deux choses sont évidentes : ces tensions minent l'ambiance et cette même ambiance joue sur leurs résultats au collège.
Le but d'un tel exercice est de montrer un groupe de jeunes gens aux prises avec un choc culturel. De ce côté là, c'est bien parti. La clique d'étudiants provient de milieux noirs principalement de Los Angeles ou d'ailleurs, donc des petits groupes se forment rapidement. Il est intéressant de voir les interactions se produire quoique l'issue de certaines demeurent prévisibles et laissent un goût amer de "scénarisé" dans la bouche. Les jeunes, venus de milieux différents, montrent clairement leurs couleurs (aucun jeu de mot ici) et s'affichent parfois au grand dam de leurs camarades. L'ego demeurant l'ennemi de toute personne, il faut absolument voir cette scène durant laquelle une colère éclate autour d'un simple hamburger. Le tout est bien, mais sans plus. Les idées amenées sont laissées en plan par une mise en scène racoleuse plus désireuse de filmer des corps et des entrelacements plutôt que les réels chocs vécus par les participants. On en vient à se demander la raison qui a pu pousser les producteurs à choisir de tels égoïstes qui ne peuvent même pas réfléchir entre eux sans devoir hausser le ton de plusieurs décibels. Les épisodes se concentrent plus au début sur ce qui se passe dans la maison que dans la classe, ce qui lasse à la longue. On aurait préféré un ratio plus en faveur d'une égalité entre le milieu scolaire et les implications de nombreuses beuveries orchestrées par le groupe au lieu de préparer son avenir (aussi cliché cela sonne-t-il).
Pourvu de maints extras, "College Hill" regorge d'un juteux mélange intéressant dont une revuette intitulée "Making-of College Hill". Également sur les disques, on retrouve "College Life in Paradise", des commentaires audio ainsi que des scènes coupées, un tour de la maison et des auditions des participants. Le tout demeure dans la note, quoique d'une saveur un peu tape-à-l'œil. Les commentaires se concentrent moins sur ce qui fait le côté psychologique de la série pour sombrer dans les méandres du déjà entendu. Malgré ce petit raté, les bonus coulent bien rapidement et offrent un divertissement tout ce qu'il y a de plus honnête à la télévision.
L'image est bien équilibrée, quoique trop granuleuse quand viennent les scènes de nuit. Celles filmées dans la noirceur offrent quant à elles une définition un peu médiocre et laissent un peu les sujets dans l'expectative. Majoritairement, la saturation est un peu exagérée. Le son est ambiant et donc, peu de chance de retrouver une piste qui fasse ressortir les discours perdus dans une foule ou un bruit. Au lieu de cela, des sous-titres forcés sont placés aux endroits stratégiques.
Sans être indispensable ou un échec total, "College Hill: Virgin Islands" offre de belles promesses sans toute les remplir. Ce qui au départ s'annonçait comme une chaude compétition s'est avérée en être une d'alcool, de tricheries, bref de tout ce qui fait un humain ce qu'il est. En ne montrant que ces aspects, même bien amenés, l'effet perd de son charme.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |