Doctor Who - The Movie: Special Edition
Warner Home Video / BBC Video

Réalisateur: Geoffrey Sax
Année: 1996
Classification: PG
Durée: 86 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883929169870

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
10 juin 2011

Le film de Doctor Who (Doctor Who - The Movie) sorti en 1996 était à l'époque un cadeau tombé du ciel pour les amateurs de la série de science-fiction de la BBC. En effet, après des années à l'écran - 1963 à 1989 en fait - le diffuseur britannique avait décidé d'arrêter la diffusion de l'émission et malgré des tonnes de lettres de protestations des fans, le Docteur semblait bel et bien avoir pris sa retraite pour de bon. Mais à la surprise générale, le réseau anglais annonça soudainement au milieu des années 90 qu'il avait passé une entente avec Fox, un réseau américain, pour tenter de relancer la série en partenariat. Ainsi fut créé le film de Doctor Who qui devait servir de pilote à la nouvelle série américo-britannique. Série qui malheureusement (ou heureusement?) ne vit jamais le jour dû à de faibles cotes d'écoute le soir de la diffusion du téléfilm. Il faut dire que de l'avoir programmé en même temps qu'un match important de la LNF à un autre poste n'aura pas aidé sa cause.

Mais le passé étant ce qu'il est, c'est-à-dire immuable et inchangeable, on a maintenant un huitième Docteur, Paul McGann, le temps d'un film. C'est en fait un miracle que la BBC ait pu sortir le film en DVD pour le marché nord-américain puisque les droits locaux sont détenus par le réseau américain qui avait jusqu'alors refusé de les céder et ne semblait montrer aucun intérêt pour le projet.

Comme c'est souvent le cas dans les coproductions, le résultat final n'est jamais totalement satisfaisant. C'est évident ici plus que jamais, car le film touchait une institution bien anglaise et tentait de l'adapter au public et au format télévisuel américain. On y retrouve donc tous les travers de la télé américaine comme l'omniprésence de fusils et de poursuites de voitures, la simplification à outrance des personnages et des enjeux moraux et l'ajout de musique pompeuse mur à mur. On a heureusement gardé les principaux atouts de la série originale en bonifiant certains aspects. C'est ainsi que le nouveau et plutôt impressionnant Docteur se retrouve aux commandes d'une superbe capsule spatio-temporelle baroque, donne son premier baiser à l'écran à la jolie Daphne Ashbrook dans le rôle du Dr Grace Holloway, rencontre son ennemi de toujours le Master (Eric Roberts) et sauve la Terre une fois de plus.

Beaucoup d'analystes de l'univers Doctor Who s'entendent pour dire que le principal problème du téléfilm est sans contredit le délai avant la scène de régénération et donc la confusion amenée par la présence d'un autre comédien (Sylvester McCoy reprenant son rôle de septième Docteur) dans le rôle principal. En effet un bon cinquième du film se déroule avant que le "vrai" huitième Docteur face son entrée. Ce qui peut être un problème pour ceux qui ne connaissent pas la série, mais qui est aussi un peu étrange au niveau de la structure du scénario et l'identification des spectateurs avec leur héros. Si on y ajoute l'introduction parlant des Daleks et de leur planète Skaro, la métamorphose temporaire du Master (de ses cendres en fait) en serpent et autres incongruités, il n'est pas surprenant que "Doctor Who - The Movie" n'ait pas eu bonne presse à l'époque ni ne soit parmi les épisodes favoris des fans.

Ceci dit, avec le temps, le film a acquis un statut de respectabilité et une place dans le panthéon de la série. Paul McGann est même maintenant totalement accepté comme le huitième Docteur et a même sa propre série de radio-théâtres Doctor Who diffusés sur BBC4, courtoisie de Big Finish. Dans les suppléments on a même inclus une revuette, "The Doctor's Strange Love" sur ce phénomène et sur le lent processus qui mena le téléfilm à être finalement apprécié des amateurs.

Le Master a été exécuté par ses pairs, les Timelords, sur la planète Skaro. Le Docteur est chargé de ramener ses cendres sur Gallifrey, leur planète d'origine. Mais le TARDIS est mystérieusement dévié de sa trajectoire et atterrit sur terre la veille du jour de l'an. Le Docteur est mortellement blessé lors d'une fusillade avec un gang de rue et doit se régénérer pour survivre. Une médecin, Dr Holloway, est témoin de la transformation et compte bien avoir une explication. Mais elle est rapidement entraînée dans la suite des choses lorsqu'il appert que le Master aussi a trouvé un nouveau corps et tentera à nouveau de détruire l'humanité...

Visuellement, le traitement de l'image est assez beau avec les détails précis et les contours bien définis. Le "look" assez contrasté de l'univers de Doctor Who est bien rendu avec une belle palette de nuances ocres et bleues. Ça fait carrément du bien de voir un épisode complet de la série originale tourné en 35mm au lieu de la vidéo habituelle. Pour l'audio, on retrouve une ambiance chaleureuse avec une bande son précise et bien équilibrée.

En suppléments, on retrouve deux commentaires audio, un du réalisateur Geoffrey Sax et l'autre des deux Docteurs McGann et McCoy, une revuette sur le processus qui permit le retour du personnage à la télé, celle déjà mentionnée sur la relation amour-haine entre les fans et le film, une sur le choix de McGann pour jouer le huitième Docteur, une sur la survie du personnage entre 89 et 96, des clips d'entrevues et de documentaires sur le tournage en 95 (à Vancouver). la deuxième partie du documentaire sur le lien entre Doctor Who et Blue Peter, des tests d'effets spéciaux pré-tournage, une galerie photo, des notes de production en option sous-titre, une piste audio avec la musique isolée et du contenu DVD-Rom contenant quelques coupures de journaux. Bref, deux disques pleins de nananne pour les amateurs.


Cotes

Film8
Présentation9
Suppléments8
Vidéo8
Audio8