La revue que vous allez lire est vraie, seuls les noms (sauf ceux des acteurs) ont été changés pour protéger les innocents. "Dragnet" est le point de départ de bien des drames policiers télévisés, étant un des premiers du genre à la télévision. Mais cette série a elle-même son point de départ à la radio où elle a été diffusée de 1949 à 1957. La série télévisée quant à elle débuta en janvier 1952 jusqu'en 1959 et repris naissance en janvier 1967 jusqu'en septembre 1970. C'est cette dernière version qui nous intéresse puisqu'Universal nous offre la première saison de "Dragnet 1967".
"Dragnet" a été créé par Jack Webb qui porte également les habits de scénariste, de réalisateur et d'acteur dans la série. Il campe le rôle du sergent Joe Friday alors qu'Harry Morgan y joue le rôle de son fidèle compagnon de travail, l'officier Bill Gannon. Friday c'est tout d'abord le narrateur de la série, nous rappelant continuellement les heures de ses interventions (genre "9h05 on part pour le poste. 9h08 on arrive au poste"). Il est un homme qui ne recherche que les faits ("Just the facts ma'am" comme il le dit si bien) et se fout éperdument des histoires que les petites madames lui racontent tout en restant à l'écoute au cas où un indice pourrait se faufiler. Il est un dur, mais pas trop dur, très conservateur, se prenant vraiment trop au sérieux, presque personnel. C'est cependant la marque que son partenaire évite. Pour sa part, il prend la vie avec un grain de sel, sans perdre tout le sérieux et la minutie que requiert son travail. Le duo traque les criminels au travers de la ville de Los Angeles, passant de département en département afin d'aider tout le monde à résoudre les crimes, utilisant les moyens les plus récents mis à leur disposition.
Quoique rien de comparable à ceux des séries modernes, les crimes commis dans "Dragnet 1967" sont plutôt éducatifs, question de montrer à ceux qui pensent une vie facile dans le crime que les forces policières ne les laisseront jamais filer. À certains moments, la série vire presqu'au mode documentaire sur les procédures policières et d'autres moments vers des discours sur la différence entre le bien et le mal, sans ambiguïté dirigés au public général. C'est le cas de l'épisode sur les gangs de rues, sur le LSD, sur la fraude d'assurance, l'alcool au volant et bien d'autres. Chaque épisode se termine par la photo policière des criminels avec la description de leur sentence qui peut aller jusqu'à la peine de mort. Voici la liste des épisodes (Vous remarquerez que les épisodes commencent tous par les mots "The Big"!, mais mes sources me disent que ce ne sont pas tout à fait les titres originaux):
La présentation vidéo de la série sur DVD est bien pour une série de presque quarante ans, mais nous pouvons noter bien des défauts ici et là. Il y a de la saleté et des grafignes, mais loin d'être en quantité dérangeante. Ce sont les images d'archives utilisées pour montrer la région de Los Angeles qui sont les plus endommagées, plus granuleuses. Les yeux les plus aiguisés pourront remarquer quelques images fantômes lors des rares moments d'action. Le son quant à lui ne contient aucun défaut audible. La monophonie de la piste sonore est tout à fait correcte pour une série de ce genre et je n'aurais sûrement pas demandé à avoir autre chose que cela puisque c'est la version originale. Universal, qui nous a habitués dernièrement à ne pas avoir de supplément dans leurs coffrets TV, nous offre toute une surprise. Le troisième disque de cet ensemble est un CD audio offrant un épisode de la série radio qui a lancé le tout, un item rarissime à ce que l'on dit. Il s'agit de l'épisode "The Big Cut" diffusé le 14 septembre 1954 mettant en vedette Jack Web dans le rôle de Joe Friday et Ben Alexander dans celui de l'officier Frank Smith, le tout présenté par les fabricants de la cigarette Chesterfield.
"Dragnet" intéressa son public à l'époque de par son réalisme de la procédure policière (chaque épisode est basé sur de vrais cas du département de police de Los Angeles) et par le focus sur l'équipe d'enquête et non un acteur en particulier. L'impact de la série ne se reflète non seulement dans les séries modernes comme Law & Order, mais aussi dans la culture populaire. Combien de personnes connaissent les citations "This Story is True" et "Just the facts ma'am" ainsi que le thème "Dum-di-dum-dum" sans avoir vu une seconde de cette série?! Évidemment, il y a eu pas mal de comédies basées sur leur sujet dont le film Dragnet (avec Dan Aykroyd et Tom Hanks), la série Police Squad et ses films Naked Gun (avec Leslie Nielsen) et même par les Looney Tunes dans "Rocket Squad" (avec Daffy Duck et Porky Pig dans la peau des détectives Monday et Tuesday). Sur une autre note positive, Dragnet aida l'image de la police de l'époque.
Évidemment, "Dragnet 1967" montre bien son époque (races, cigarette, vue de la jeunesse, etc) qui est rendue politiquement incorrecte, mais reste très plaisant à visionner avec du recul! Jack Webb est à l'origine de bien des séries télévisées dont Adam-12 (1968-1975), The D.A. (1971-1972), O'Hara, U.S. Treasury (1971-1972), Emergency! (1972-1977) et Project UFO (1978-1979), toutes des inspirations de séries actuelles. Surveillez l'arrivée de plusieurs d'entre elles bientôt sur DVD! Pour ceux qui se le demandent, le titre de la série provient du terme policier qui décrit n'importe lequel système permettant l'appréhension d'un criminel (ADN, empruntes, barrage routier, etc.).
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 3 (CD) |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |