Maria Chapdelaine
TVA Films

Réalisateur: Gilles Carle
Année: 1983
Classification: G (QC)
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 824255006415

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Selon Martin Gignac
11 octobre 2010

C'est en 1984 que le regretté cinéaste québécois Gilles Carle s'est attaqué au classique de Louis Hémon Maria Chapdelaine. Sa version a peut-être beaucoup vieilli, sauf que plusieurs cinéphiles seront curieux de voir ce qui en retournait.

Au début du siècle dernier, les Chapdelaine cultivent la terre près de Péribonka. Bien que la jolie Maria (Carole Laure) soit promise au brave Eutrope Gagnon (Pierre Curzi), son cœur bat pour le libre aventurier François Paradis (Nick Maneuso). Entre les deux, le choix de la famille et de l'Église finit par s'imposer.

Roman phare de la littérature québécoise depuis sa création en 1913, Maria Chapdelaine a été inséré au programme de nombreuses institutions scolaires, étant souvent détestés de la part de la majorité des étudiants pour son classicisme d'usage. C'est que son mythe a précédé l'ouvrage, majeur et révélateur d'un peuple qui, malgré son aspiration au changement, demeure dans l'immobilisme. Après deux précédentes adaptations cinématographiques, le vétéran Gilles Carle a décidé d'en offrir une nouvelle version, sans nécessairement remplir toutes les aspirations.

Sa réalisation, beaucoup trop télévisuelle, joue pour beaucoup dans la difficulté d'un spectateur de 2010 à s'intéresser complètement aux péripéties en place. Malgré un texte fort et universel, les dialogues ne coulent pas toujours bien en bouche, ce qui pourrait être la faute des interprètes, souvent inégaux. Pour les excellents Pierre Curzi, Donald Lautrec et Claude Rich dans un important rôle secondaire, il y a Carole Laure qui ne se veut pas toujours convaincante, et Nick Maneuso qui trouve rarement le ton juste. Ainsi lorsque l'émotion doit apparaître à l'écran, c'est quelques fois la comédie qui le remplace, ce qui est toujours un peu problématique.

La beauté des paysages et de la photographie rachète ces quelques intempéries. Bien que la notion "comprend la nouvelle version restaurée" soit inscrite au dos du boîtier, l'image se veut parsemée de grain, d'égratignures et d'indicateurs de changement de bobine. Toujours un peu surprenant pour un long-métrage qui n'a pas 30 ans au compteur. En revanche les couleurs s'avèrent jolies, et bien que les contrastes ne soient pas toujours homogènes, le tout se regarde généralement sans problème. La musique un peu trop envahissante campe bien l'atmosphère de l'époque. Elle empiète parfois sur les voix, mais jamais pendant très longtemps. Tant mieux, car aucun sous-titre n'est disponible. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 se concentre généralement sur les dialogues.

La pochette d'un charme suranné représente quelques cartes postales de l'ouvrage. Le menu principal préfère plutôt saupoudrer une mélodie douce et harmonieuse sur un simple montage de scènes. En faisant abstraction d'une bande-annonce, aucun supplément n'est disponible. À quand l'édition spéciale avec des entrevues, des reportages et des pistes de commentaires?

"Maria Chapdelaine" est une transposition satisfaisante, mais imparfaite des écrits de Louis Hémon. Si le matériel source a captivé des générations et des générations de gens, cette relecture souffre de quelques égarements, notamment dans sa mise en scène déjà datée pour l'époque, et le choix de quelques acteurs. Reste que les thèmes, toujours pertinents et intéressants, se veulent farouchement politisés, surtout devant ce désir d'émancipation de l'héroïne qui, devant l'option de vivre libre ou de déménager dans un lieu plus clément (les États-Unis), se résigne à rester où elle est, même si le cœur n'y est vraiment pas.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments1
Vidéo4
Audio6