Neil Gaiman fait partie d'une petite bande de créateurs de bandes dessinées comme Frank Miller qui ont réussi avec succès à se faire un nom dans d'autres domaines artistiques. Dans le cas du Britannique Gaiman, il s'est forgé une réputation tant dans le monde du 'comic book' avec sa série Sandman ou son roman graphique Coraline dont on a tiré un film à la fois beau et étrange que dans le monde de la littérature fantastique avec ses très appréciés Good Omens (dont Terry Gilliam a failli faire un film!) et son American Gods. C'est pourquoi en 1996 lorsque la BBC lui demanda de créer une minisérie écrite spécialement pour la télévision, les fans de l'auteur se réjouirent d'avance.
"Neverwhere" vit donc le jour sous la forme de six épisodes de trente minutes. Comme dans presque toutes les œuvres de Gaiman, on retrouvait les thèmes chers à l'auteur comme le combat entre le bien et le mal, la présence d'anges et de créatures maléfiques, des références historiques nombreuses ainsi que des personnages ordinaires lancés dans des aventures extraordinaires. Le monde créé était basé dans la réalité, mais avec sa propre existence parallèle. Ainsi, le Londres connu laissait place à celui de ses égouts et lieux malfamés qui devenait London Below.
En route vers un restaurant où sa copine doit lui présenter son patron, le comptable Richard Mayhew (Gary Bakewell) vient en aide à une sans-abri blessée (Laura Fraser) qu'il croise sur la rue. Devant le refus de cette dernière d'aller voir un médecin à l'hôpital, il décide de la ramener chez lui pour soigner sa blessure et qu'elle se repose. Mais lorsque deux hommes louches, Monsieur Croup (Hywel Bennett) et Monsieur Vandemar (Clive Russell), tentent de kidnapper la jeune fille prénommée Door, cette dernière envoie Mayhew chercher le Marquis de Carabas (Patterson Joseph) pour l'aider. Le trio plonge alors dans un monde parallèle sous la cité de Londres. Dans cet univers féodal, les stations de métro deviennent des personnages (Angel Islington, Earl's Court, Old Bailey, etc.) et les sans-abri y vivent en harmonie avec les rats. On y retrouve des passages secrets menant à la surface, un marché flottant hebdomadaire, des vampiresses habillées de velours noir, une bête mythique mortelle et autres étrangetés. Richard Mayhew devra apprendre à y survivre s'il veut aider son ami Door à retrouver le responsable de l'assassinat de ses parents. Mais la dure réalité de London Below est toute autre que celle de London Above...
Pour un premier effort, il est évident que Neverwhere est tout à fait intéressant. Bien que la série manque de budget pour recréer le monde grandiose et sordide de la ville souterraine, et malgré les quelques erreurs de casting (dont le personnage principal) l'œuvre finale demeure sympathique. Il faudra bien sûr mettre de côté la portion rationnelle de notre cerveau et se laisser aller dans la fantaisie, mais quiconque a déjà été en contact avec l'univers de Neil Gaiman sait à quel point le jeu en vaut la chandelle.
Pour la qualité audio-vidéo, on a fait un bon travail de restauration pour le transfert DVD. Des bandes-vidéo de l'époque on a réussi à améliorer un peu la qualité en atténuant certains défauts comme les couleurs criardes, la définition trop nette ou les contours tranchés. On a aussi amélioré le son général en filtrant adéquatement beaucoup de bruits de fond et en augmentant la plage des fréquences, ce qui rend les dialogues et les ambiances plus agréables à l'oreille. On a de plus mis l'emphase sur la musique étrange de Brian Eno, la rendant claire et la ramenant à un bon niveau. Mais malgré tout la qualité des premières caméras vidéo de l'époque reste ce qu'elle était et l'image d'origine est passablement horrible.
En suppléments on retrouve une galerie de photos, un glossaire des personnages, une entrevue de Gaiman (de 1996) ainsi que deux commentaires audio optionnels du scénariste. L'un enregistré pour la première sortie en DVD de la série et l'autre capté récemment pour l'édition 15e anniversaire avec cette fois-ci la participation du producteur Clive Brill et du co-créateur Lenny Henry. Ces trois personnages font aussi une courte introduction pour cette nouvelle édition. De plus, le boîtier DVD inclut une carte dépliable montrant les différentes zones de la cité souterraine.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |