En 1956, l'auteur Grace Metalious lançait un roman très controversé à son époque pour ses fondements moraux très bas tirés de son expérience dans les petits villages de son propre patelin. Peyton Place s'est pourtant vendu à des milliers d'exemplaires (60 000 copies écoulées durant les dix premiers jours de sa mise en vente), ce qui prouve que le choquant se vend très bien! On y parle d'une ville en apparence paisible où les thèmes de classes, d'hypocrisie, de discrimination, d'adultère, d'inceste, d'avortement et de meurtres se rejoignent. Le roman donne lieu l'année suivante à une adaptation cinématographique, une suite en 1959, puis une série télévisée diffusée aux heures de grande écoute (la première dit-on) entre 1964 et 1969 (au total 514 épisodes de 30 minutes). D'abord en noir et blanc et ensuite en couleurs à partir de la troisième saison. Shout! Factory nous propose maintenant la première partie sur DVD avec les 31 premiers épisodes noir et blanc.
La série "Peyton Place" débuta le 15 septembre 1964 à raison de deux épisodes par semaine, repoussant les limites de ce qui était considéré moralement acceptable à l'époque. En visionnant cela, je n'ai rien trouvé de vraiment fâchant selon les standards d'aujourd'hui, mais certainement de plus en plus intriguant d'épisode en épisode. Le tout commence avec l'arrivée du docteur Michael Rossi (Ed Nelson) qui arrive de New York pour venir pratiquer sa profession dans le petit village, malgré l'avertissement de l'éditeur du journal local, Matthew Swain (Warner Anderson), qui incite les gens à partir des petits villages plutôt que venir s'y installer. Nous voyons ensuite Allison MacKenzie (Mia Farrow) qui tombe amoureuse de Rodney Harrington (Ryan O'Neal), malgré que sa mère Constance (Dorothy Malone) le désapprouve. Le frère de Rodney, Norman (Christopher Connelly), est également en amour avec Allison, mais ses chances sont nulles puisque cette dernière ne le considère que tel un ami d'école. Rodney s'intéresse maintenant à Allison parce qu'il vient de "casser" avec sa blonde Betty Anderson (Barbara Parkins) parce qu'il venait de voir son père Leslie (Paul Langton), le gestionnaire du moulin à scie de la région, en train d'embrasser sa secrétaire Julie Anderson (Kasey Rogers), la mère de Betty... qui est mariée à George Anderson (Henry Beckman), un homme violent. Leslie est également marié avec Catherine Peyton (Mary Anderson).
Betty se met dans la tête de regagner son Rodney par tous les moyens, même le mensonge. Il la mariera par obligation, mais voudra le divorce à n'importe lequel prix lorsqu'il apprendra du subterfuge. Betty quant à elle veut "rester dans la famille". Une fatalité sur la table d'opération dans le cas de Catherine met le docteur Rossi dans l'eau chaude, lui faisant perdre d'abord ses patients pour ensuite se voir refus de pratique alors qu'à sa surprise l'enquête révèle que Catherine n'avait pas besoin d'être opérée. Il essaiera de découvrir la vérité afin de retrouver son nom, sous les encouragements de Constance et Matthew, malgré que les tissus prouvant son innocence ont été détruits. Allison, qui s'inquiétait de sa mère qui n'avait pas d'amour dans sa vie, se réjouit de la voir sortir avec le docteur Rossi. Quant à elle, elle veut écrire des articles plus adultes dans le journal local de son "oncle" plutôt que sa chronique adolescente. Bien sûr avec la mort de sa femme, Leslie croit fermement obtenir la propriété du moulin à scie. Le coffret se termine avec Elliot Carson (Tim O'Connor) qui a passé 18 ans en prison sous de fausses accusations et est en voie d'être libéré sur parole. Il est le père d'Allison.
Que de rebondissements et que de scandales! Dès le premier DVD, je n'en revenais pas du tas d'histoires qui se croisaient et se recroisaient. Impossible d'utiliser l'avance rapide pour ne pas perdre un mot qui pourrait changer la donne! Disque après disque, l'histoire s'intensifiait, des personnages qui semblaient peu importants viennent tout changer. Betty m'a vraiment marqué comme la "méchante fifille" et le malheur du docteur Rossi était si injuste. Je fus également très surpris de voir un personnage mourir aussi tôt dans la saison, mais le sel que cela a ajouté à la chronique est irremplaçable. Même la lecture du testament a été retardée pour durer plus qu'un épisode, pour malmener quelques personnages. Les scénaristes utilisent n'importe quoi pour changer la direction des personnages, un peu à la Top Modèle ou la General Hospital, mais en utilisant des tabous de l'époque, ce que tout le monde sait hypocritement.
La qualité de l'image de série varie d'un épisode à l'autre, certains segments plus maganés que d'autres. Reste que le tout est absolument convenable pour une série de cet âge. Déjà c'est beau de retrouver tous les épisodes de cette série bihebdomadaire, ce qui n'est pas le cas dans nos séries souvenirs québécoises desquelles seulement quelques épisodes ont été gardés en archives. Il y a beaucoup d'égratignures et de points blancs, mais je m'en attendais. La piste sonore est moyenne, quelques fois très claire, quelque fois un peu sourde, mais je n'ai eu aucun problème à suivre ce roman télévisé. Il n'y a malheureusement pas de supplément sur ces disques.
La seconde partie sera disponible le 14 juillet prochain... et ça ne bouclera même pas la première saison! Avec ses 514 épisodes, vous pouvez compter que Shout! Factory prévoit de sortir près de seize ensembles d'une trentaine d'épisodes chacun. Ça tombe bien, je ne déteste pas du tout cette série avec tant de rebondissements... quoique ce soit un petit peu lent... comme tous les romans-savons télévisés après tout.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |