Streets of San Francisco
Season 1 - Volume 1
Paramount Home Entertainment / CBS DVD

Producteur: Quinn Martin
Année: 1972-1973
Classification: PG
Durée: 765 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 4 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
8 avril 2007

Je ne sais pas si en 1972, mademoiselle Catherine Zeta-Jones, dans sa Galles natale, en Grande-Bretagne, avait le droit de regarder la télévision. Elle n'avait que 13 ans et la série dont il est question aujourd'hui était un peu brutale et violente pour une jeune fille. Mais cette dernière se doutait-elle alors que près de 30 ans plus tard, le bel inspecteur brave et courageux qu'elle voyait à l'écran sauver la veuve et l'orphelin au péril de sa vie allait devenir son mari?

La série dont il est question est l'une des plus populaires des années 70, "The Streets of San Francisco", et l'acteur n'est nul autre que Michael Douglas, qui était encore à l'époque plus connu pour être le fils de Kirk, car cela faisait à peine cinq ans qu'il évoluait dans le monde du cinéma et de la télévision, malgré ses 28 ans. La série prit l'antenne en septembre 1972 par la diffusion d'un pilote indépendant à la première saison, et que CBS et Paramount ont eu l'excellente idée d'inclure dans ce coffret. Entièrement tournée dans la ville de San Francisco, extérieurs et intérieurs, cette série nous permet de vivre de bons moments de suspense et aussi d'admirer les beaux panoramas de la baie et des environs, sans oublier les fameuses poursuites en voitures dans les pentes des "Rues de San Francisco"! La série raconte le quotidien de deux policiers de la ville de San Francisco, le lieutenant-détective Mike Stone (Karl Malden) et l'inspecteur Steve Keller (Michael Douglas), tous deux détachés à la section des homicides. De plus, Stone est un vétéran avec plus de 20 ans d'ancienneté alors que Keller est une toute jeune recrue. Les différences d'approche lors des enquêtes seront donc souvent visibles et seront aussi une des raisons du scénario.

La première saison comporte, outre le pilote, 26 épisodes d'une heure (temps de diffusion). Paramount et CBS ont choisi de partager le plaisir en séparant cette saison en deux volumes. Le premier, dont il est question ici, comprend donc le pilote et treize épisodes. Ces derniers ont été diffusés entre septembre 1972 et janvier 1973 sur le réseau américain ABC. La série complète dura cinq saisons et 120 épisodes (incluant le pilote). Ironiquement, c'est aujourd'hui CBS Video qui propose la série alors qu'elle était en compétition avec ce réseau lors de sa diffusion. Et plus ironiquement encore, c'est NBC qui proposa en 1992 un film pour la télévision tiré de la série, où Karl Malden reprit le rôle du détective Stone.

"The Streets of San Francisco" n'est pas une série anonyme. L'un de ses producteurs n'est nul autre que Quinn Martin, partenaire de Desi Arnaz et surtout celui qui sera derrière d'autres grandes séries qui ont marqué le monde de la télévision, telles que The Untouchables, The Fugitive ou encore The Invaders, pour ne nommer que celles-là. Cette nouvelle série comporte plusieurs éléments qui en font ses attraits principaux et en quelque sorte, ses différences avec les autres. Il y a bien entendu la confrontation, amicale, mais réelle, entre les deux personnages coéquipiers et leurs approches parfois différentes en raison de la différence d'éducation. Stone est un policier confirmé qui a passé son existence professionnelle dans les rues de la ville sur la baie et qui la connaît par cœur. Quant à Keller, c'est sa première vraie assignation et il compte bien mettre en pratique les rudiments appris à l'académie, qui ont du bien changé depuis que Stone y a fait ses classes. Et tout comme avec Hawaii Five-O, il y a l'environnement qui est très important. Ici, la ville de San Francisco est plus qu'un décor extérieur. C'est un des personnages à part entière de la série, apportant sa touche si particulière aux aventures vécues par nos deux policiers. Et finalement, il y a l'ambiance qui est un mélange des deux premiers éléments. Entre la sagesse du vétéran et l'impétuosité de la jeune recrue, la ville semble agir comme un catalyseur qui rend alors les situations moins conflictuelles qu'il n'y paraît.

La série prend réellement son vrai départ avec l'épisode "The Thirty-Year Pin". Le générique définitif est en place et c'est la première remarque: un style typique des années 70, avec un thème musical qui signe bien le produit et surtout qui devient vite reconnaissable, sans oublier cette voix off familière qui nous annonce à haute voix tout ce qui apparaît à l'écran. De plus, chaque générique est associé à l'épisode diffusé, avec les artistes invités ainsi que le titre. Par conséquent, outre le début et jusqu'à Michael Douglas, tout le reste est différent à chaque fois. Si on n'oublie pas l'époque, on ne sera donc pas surpris de ce qu'on voit et de ce qu'on entend dans les dialogues. Au cours de cette première moitié de saison, on verra défiler plusieurs artistes invités, dont Dick Van Patten, Stefanie Powers, David Soul (Hutch n'était pas encore créé), Peter Strauss, Bernie Casey, Christopher Stone et Paul Michael Glaser (même remarque que pour Hutch, mais avec Starsky cette fois-ci) pour ne nommer que ceux-là.

Paramount et CBS DVD nous proposent un premier volume de cette première saison sur quatre disques regroupant les treize épisodes plus le pilote. Curieusement, le graphisme original du titre, que l'on voit dans le générique, n'est pas repris sur le boîtier. Je n'ai pas réussi à trouver s'il y avait une raison. On le surveillera lors des prochaines sorties. L'image, au format plein écran, est relativement belle pour une production de plus de 25 ans, avec des plans rapprochés d'une grande précision. Seules les couleurs semblent un peu moins présentes ou mal calibrées, ce qui donne parfois des visages très rosés. La piste sonore anglaise est à la hauteur de l'image, ce qui est un peu moins le cas pour la piste espagnole, légèrement plus étouffée. À noter que les sous-titres sont affichés en jaune. La page de menu principal est animée et sonorisée avec le thème musical. La même transition que celle du générique est utilisée pour passer aux pages secondaires (muettes et fixes), mais là encore, ce n'est pas le même graphisme pour le titre.

Quelques suppléments pour apaiser une petite faim. Tout d'abord, nous avons droit à un entretien télévisé qui semble avoir été tourné au début du tournage de la série. L'animateur Army Archerd se retrouve dans le décor du bureau Stone, en compagnie des deux acteurs. Il s'agit d'un petit bloc promotionnel de moins de cinq minutes et la discussion est très conviviale, mais trop courte. Le deuxième et dernier supplément est un autre documentaire promotionnel, axé cette fois-ci sur le pilote de la série. À la manière de ces vieilles bandes-annonces, avec cette voix célèbre d'annonceur, le film semble surtout être une publicité pour la ville de San Francisco dans laquelle se déroule une série policière, et non l'inverse. D'une durée d'environ neuf minutes, on alterne les vues de la cité avec des extraits du pilote, le tout sur une musique à suspense de circonstance. Pas d'un grand intérêt, mais à classer dans les petits plus de la série, d'autant plus que ce film a plus servi à vendre la série aux professionnels qu'au public. Et il ne faut pas oublier la présence du pilote lui-même, puisqu'il ne fait pas officiellement partie de la première saison, et ce qui permet une appréciation plus complète de la partie suppléments.

"The Streets of San-Francisco" est une excellente série policière qui sait allier les intrigues prenantes à un visuel dépaysant dans la ville aux "Twin Peaks" (pas ceux de Lynch). Voilà deux raisons principales pour se replonger avec plaisir dans les enquêtes de Stone et Keller. Je regrette malgré tout que Paramount décide de séparer ainsi les saisons (ce n'est pas la première fois) et qu'il n'y ait pas au moins des sous-titres français, faute de piste sonore dans cette langue. On va donc attendre patiemment la deuxième partie.


Cotes

Film9
Présentation4
Suppléments7
Vidéo8
Audio7